Note
de Tari Miriel : Je me suis contentée de traduire cette fic, elle ne m’appartient
pas.
Dans la 2ème partie, Legolas a ce qui correspond à 15ans,
et Thorfiniand 20.
Ils sont très jeune pour des Elfes, et sont
les princes de la Forêt Verte.
« Quelque chose vous hante, Legolas. » chuchota Aragorn dans l’oreille de l’Elfe. Il n’osait pas parler plus fort, tandis qu’il observait son ami regarder l’antique arbre, immobile comme une statue d’un Elfe Sylvain qui ferait partie de la forêt pour l’éternité. La mince créature des Régions Boisées ne parut pas réagir, et ne fit pas mine de l’avoir entendu. La crainte d’Aragorn se fit plus forte encore.
Le garde leva les yeux sur l’arbre énorme, puis laissa retomber son regard sur son ami. « Qu’est-ce ? » demanda-t-il.
Le prince de Mirkwood fixait l’arbre, ses yeux emplis de douleur, et son cœur serré par des mémoires qu’il avait crues enterrées au fond de lui depuis longtemps. Il se rendit enfin compte de l’humain près de lui et su qu’il était préoccupé par sa détresse soudaine, mais il ne pu parler. Il laissa alors ses mémoires rouler hors de son cœur comme une vague d’océan, tandis que sur ses joues pâles coulaient des larmes silencieuses.
La vue de l’Elfe qui pleurait doucement déchira le cœur d’Aragorn. Il étreint le bras de son ami, ne sachant pas comment réagir face à la créature immortelle. Le guerrier qu’il avait considéré depuis toujours comme un grand frère, qui le consolait, le soignait, l’écoutait, et qui tout en même temps apparaissait comme le prince Elfe qu’il était, le fier archer de Mirkwood…qui ne laissait jamais paraître ses émotions, trouvant le courage de rire même blessé, toujours de bonne humeur et jamais triste…pleurait.
« Legolas, pourquoi cet arbre vous attriste ainsi ? »
L’Elfe tourna sa tête d’or vers le garde et l’immense tristesse qu’Aragorn vit au fond de ses yeux le fit presque chanceler.
« C’est là que j’ai tué mon frère. »
* * * * * * * * * * * *
Plus de mille années plus tôt, dans une antique forêt…
« Legolas ! Legolas ! Descendez de là ! » Exigea Aerlinde, en protégeant ses yeux du soleil pour voir son enfant. Son regard était fixé parmi les plus hautes branches de l’arbre où son plus jeune fils montait agilement.
« Laissez-le, mère. » Rit Thorfiniand, « Il monte plus vite qu’un écureuil. »
La reine tourna sa tête auréolée de cheveux d’or vers son fils le plus âgé, l’aîné de Legolas. Elle fronça les sourcils, plissant son fin visage d’Elfe.
« Il est beaucoup trop haut. Vous savez que je me ronge quand il prend de tels risques. »
Le prince Elfe sourit tendrement à sa mère et entoura les frêles épaules de son bras, la tenant étroitement contre lui.
« Il est, comme vous et moi, un Elfe des Bois, mère. Où donc serait-il mieux que dans un arbre ? »
Ses paroles se perdirent dans un cri perçant venant des branches au-dessus d’eux. Ils cherchèrent immédiatement du regard le jeune Elfe qui s’y tenait. Ils purent alors voir Legolas, accroché à l’envers sur une branche par une jambe, ses bras se balançant tandis qu’il essayait de prendre prise sur le large tronc. Il était trop loin sur la mince branche pour l’atteindre.
Les mains d’Aerlinde volèrent à sa bouche pour étouffer le cri qui était sur ses lèvres, et elle tourna ses yeux paniqués vers l’aîné, qui regardait son frère avec inquiétude.
« Thorfiniand, aidez-le, je vous en supplie ! »
Mais déjà le grand Elfe s’était élancé dans les branches, et s’élevait rapidement vers le haut de l’arbre.
« Tenez bon, petit frère, je viens vous aider ! » cria-t-il, tentant de masquer la tonalité inquiète de sa voix.
« Thor ! Aidez-moi ! » Pleura Legolas.
A ce moment, la jambe mince glissa encore un peu plus de la branche, et le jeune Elfe tomba de quelques centimètres, poussant un cri effrayé.
Thorfiniand jeta un regard vers le haut pour voir son jeune frère glisser encore un peu plus loin du tronc et accéléra son pas sur les branches. Lorsqu’il vit que le genou de Legolas était coincé dans une fourche de la branche, il soupira de soulagement et continua soigneusement à s’élever vers le jeune prince.
« Thor ! » pleura Legolas, terrorisé non plus par la crainte d’un accident qui lui prendrait certainement sa vie, mais par le fait qu’il devrait bientôt se laisser tomber de la branche dans les bras de son frère, quelques mètres plus bas.
« Je suis ici, Legolas. » Appela Thorfiniand. « C’est bien. » Il se tira quelques pouces plus haut vers son frère, mais les branches au-dessus de lui étaient si minces qu’elles ne pourraient supporter son poids. Il regarda vers son frère et vit les longues tresses d’or qui étaient habituellement derrière les pointes de ses oreilles, qui faisaient maintenant un rideau léger sur son visage retourné. Il lui sourit, tentant de le calmer.
« Maintenant, vous êtes bien ennuyé, mère ne vous laissera plus jamais monter dans un arbre. » fit-il en riant.
Les larmes s’étaient formées dans les yeux du jeune Elfe, et elles tombaient doucement sur le visage riant de son frère.
«
Aidez-moi, Thor, j’ai peur !
-Je vous ai presque, petit frère, répondit
Thorfiniand tandis qu’il se rapprochait de Legolas. Essayez de tenir encore un
peu. »
Legolas hocha la tête,
peu disposé à lâcher la branche. Sur les feuilles en dessous,
Aerlinde observait avec crainte son fils aîné atteindre enfin le
petit Elfe en pleurs. Rapidement, Thorfiniand enleva le genou de son petit frère
de la branche, et le prit dans ses bras. Il le lança alors vers une autre
branche plus solide un peu plus loin, et Legolas se rattrapa facilement, en sûreté
pour le moment.
Le cœur d’Aerlinde battit plus fort lorsqu’elle vit ses fils
évoluer parmi les feuilles d’or et de vert, et soudainement le bruit affreux
du bois qui se casse apporta un cri terrifié à ses lèvres.
La branche qui soutenait Thorfiniand s’était cassée sous son
poids, le laissant sans prise aucune lorsque lui et la branche tombèrent
avec un bruit mat à la terre. La dernière chose dont Legolas se
rappelait était la surprise dans les yeux si verts de son frère
tandis qu’il tombait. Alors sa mère commença à crier. Assis
sur une branche, il jeta un coup d’œil craintif vers le sol, bien qu’il savait
au fond de lui le triste sort de son frère. Il aperçut son corps
tordu sur l’herbe dans les racines de l’arbre, et sa mère qui se penchait
sur lui, poussant des hurlements terrorisés. Ses cris alertèrent
la garde royale, et plusieurs soldats arrivèrent en courant, les armes
à la main. Les larmes de Legolas roulèrent en cascades sur ses joues,
et il constata qu’il pouvait à peine respirer. Il ne sut pas comment il
était descendu de l’arbre, mais il apprit plus tard qu’un des guerriers
était rapidement monté à l’arbre pour le ramener sain et
sauf.
Thorfiniand, cependant, était mort.
* * * * * * * * * *
Le tumulte à l’intérieur du palais effrayait le jeune Elfe tandis qu’un garde l’amenait à sa chambre. Son frère avait été porté au grand hall sur une civière, et il se trouvait maintenant allongé sur un lit de feuilles, un drap de vert et d’or couvrant son corps. Les seigneurs et les dames Elfes, les conseillers de son père et les domestiques, les guerriers et les enfants, tous s’étaient mélangés près du corps sans vie, leurs pleurs résonnant dans la grande salle.
Legolas était juste passé devant le hall et il ne lui avait pas été permis d’entrer, mais il avait vu les Elfes rassemblés et son père, tête dans ses mains, pleurait sur son trône. Il n’avait jamais vu son père pleurer avant et le regarder l’effrayait encore plus. Il ne savait pas où l’on avait mené sa mère, mais il avait surpris plusieurs des dames parlant des guérisseurs ne pouvant pas la réveiller. Il voulait vraiment la voir, mais ils ne le laisseraient pas, et il se sentait seul et oublié.
Dès que le garde l’eut laissé seul dans sa chambre et fermé la porte, il s’échappa de la pièce par le balcon, et se dirigea vers la chambre de son frère. IL se cacha là, près du lit, pleurant presque toute la nuit. Il ne comprenait pas ce qui était arrivé à son frère, sauf qu’il ne bougeait plus et ne respirait pas, et que tous autour de lui pleuraient, mais personne ne songeait à le soulager. L’épuisement et le sommeil eurent finalement raison de lui, et il se courba en une boule minuscule à coté du lit.
L’un des gardes le trouva le matin, dormant sur le plancher, et l’apporta au roi Thranduil. Encore somnolent et affamé d’une nuit sans dîner, le jeune Elfe hésitait et avait peur de faire face à son père. Il ne comprenait pas ce qui se passait et voulait courir auprès de sa mère, s’asseoir sur ses genoux et mettre ses bras autour de son cou, mais quand il avait demandé au garde de l’amener à elle, il l’avait mené auprès de son père.
Dès que l’Elfe eut disparu, le roi se mit à genoux pour mettre son visage à hauteur de son jeune fils.
« Savez-vous
ce qui s’est passé, Legolas ? » demanda-t-il doucement.
«
Non père, qu’est-il arrivé à Thor ? Pourquoi ne puis-je pas
voir ma mère ? »
Le visage du roi s’attrista et il regarda au loin un instant, puis il tourna à nouveau son visage vers celui de son enfant.
« Votre frère est mort, Legolas. La chute a brisé sa nuque. » il s’arrêta, reprenant souffle, et essuya les larmes qui coulaient doucement sur ses joues. « Votre mère a succombé à la peine et est tombée dans une sorte de transe de laquelle les guérisseurs ne peuvent la réveiller »
« Puis-je la voir ? » demanda le jeune Elfe effrayé.
Sans répondre, le roi se leva et pris la fine main de son fils, le menant hors de la salle. Sans parler, les deux marchèrent par le palais jusqu’ à atteindre les jardins. Ils arrivèrent à un petit banc et là le roi dit à son fils de s’asseoir. Quand Legolas fut assis sur la pierre, son père continua :
« Je vais vous envoyer aux enclaves du nord, il serait mieux que vous partiez d’ici pour un certain temps. »
« Mais pourquoi, père ? Je ne veux pas aller là. Je veux voir ma mère. »
« Vous ne pouvez pas. » dit le roi avec plus de colère qu’il ne le voulait. « J’en ai décidé ainsi, vous partez se soir. »
Et Thranduil quitta à grands pas les jardins, laissant Legolas seul.
* * * * * * * * * *
Forêt de Mirkwood, mille ans plus tard…
« Je n’ai jamais revu ma mère. » murmura Legolas.
« Que dites-vous, Legolas ? » demanda Aragorn, son inquiétude croissant avec chaque mot de l’Elfe. « Comment pourriez-vous tuer votre frère ? Que sont ces mots au sujet de votre mère ? »
Legolas tendit une fine main vers la cime de l’arbre : « Je montrais à mon frère combien je montais haut, m’élevant encore et toujours plus loin au-dessus du sol, bien que je sache que c’était dangereux. » Il regarda son ami, ses yeux scintillaient de larmes.
« J’ai glissé et perdu l’équilibre. Je suis tombé, mais je me suis rattrapé, coinçant ma jambe dans les branches, et Thorfiniand est monté pour me sauver. » Le prince trembla inconsciemment, et regarda à nouveau vers le haut de l’arbre. « Il m’a attrapé et lancé vers une autre branche, plus solide. Je me rappelle son rire, il me disait que j’étais en plein dans les ennuis, lorsqu’il y eu le bruit du bois qui se cassait, et Thor tombait. » Legolas ferma les yeux, pleurant doucement, et les pleurs secouaient ses épaules tandis que des âges entiers d’inquiétude et de tristesse émergeaient enfin de son âme, l’accablant par vagues de culpabilité et de douleur.
Aragorn mit son bras autour des épaules de l’Elfe, et le serrant plus proche de lui, l’étreignit de la même manière que ses propres frères l’avaient soulagé tant de fois. L’Elfe laissa aller sa tête contre l’épaule du Rôdeur, pleurant doucement dans les plis de son manteau.
« Oh, Legolas » chuchotat-il, « Vous ne l’avez pas tué. Vous étiez un enfant ! »
L’Elfe restait silencieux pendant qu’il tentait de retrouver son calme, puis il releva la tête et, se levant, recula d’un pas. Il essuya ses larmes avec la paume de la main, et s’approcha du tronc massif de l’arbre. Il posa sa main contre le bois rugueux, puis son front, et se penchant sur l’arbre, il murmura de doux chuchotements en elfique.
Aragorn se remit debout, attendant. Quand l’Elfe se retourna finalement, son visage était serein et calme. Il sourit faiblement et fit un signe de tête à son ami. « L’arbre est d’accord, Estel. Peut-être maintenant puis-je enfin combattre cette culpabilité. »
Aragorn sourit aussi bien, et étreint Legolas, ébouriffant ses cheveux.
« Vous m’en voyez content. »
L’Elfe rit vraiment, et se libérant facilement de la prise du Rôdeur, courut par les bois.
« Le dernier de retour raconte au seigneur Elrond pourquoi nous sommes en retard ! » cria-t-il de loin.
« Oh non, vous ne gagnerez pas ! » répliqua Aragorn et il poursuivit l’Elfe.
