L'ombre de Dol Guldur


Chapitre 2 : La recherche de Glorfindel


Notes : Erestor est le chef des conseiller d’Elrond, il est assis à sa gauche lors du Conseil de 3019.
Et ce n’est pas en utilisant son anneau qu’Elrond a déclenché la crue lorsque les Nazgûls poursuivaient Frodon, comme on a tendance à dire.

*3* : Elrond est le gardien de Vilya, l’anneau de l’air, orné d’un saphir, il lui a été donné par Gil-Galad. C’est le plus puissant des trois anneaux qui furent confiés aux seigneurs Elfes, Sauron ne les a jamais touchés. Narya, l’anneau de feu, dans lequel est enchâssée une pierre d’un rouge de feu, était à la garde de Cirdan, qui le donna à Mithrandir ( Gandalf ), et Galadriel porte Nenya, l’anneau de  l’eau ( appelé aussi adamant ), forgé dans le mithril, qui ne porte qu’une seule pierre scintillante comme une étoile givrée.

*4* : yrch = orc au pluriel, en sindarin.

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Estel vit Legolas tomber. Il vit ses frères sauter en même temps. Il vit trois amis, trois frères, tomber...et risquer leur vie si précieuse pour tant de personnes...

Il s’allongea au sol, et risquant prudemment un œil vers le bas, il aperçut les trois silhouettes souples frapper l’eau sans un cri. Ils ne remontaient pas...

Le petit garçon resta plusieurs heures à scruter désespérément la surface de l’eau en furie. « Ils ne remonteront plus... » se dit-il tristement. Il se releva, et ramassa les bottes souples des Elfes. Puis il se dirigea lentement vers Imladris.

« Estel ! Que fais-tu ici ? Il se fait tard, où sont tes frères et Legolas ? » Estel releva la tête. C’était Glorfindel, monté sur son grand cheval Asfaloth. Il lui souffla l’histoire entre ses larmes, puis s’écroula de fatigue. Glorfindel le mit devant lui sur sa selle, puis fit demi-tour. Murmurant « Noro lim ! » à Asfaloth, ils partirent au grand galop vers Imladris. Le petit garçon s’endormit durant le court trajet, épuisé.

 

Il expliqua au premier garde qu’il croisa ce qu’il avait compris de l’histoire d’Estel. Puis laissant l’enfant dans les bras du garde, il donna des ordres pour que des patrouilles partent à la recherche des trois jeunes Elfes. Dès qu’ Elrond fut prévenu, il repartit au galop vers Bruinen.

 

Il arriva au gué en quelques minutes, espérant y trouver un des jeunes princes. Il suivit la berge, remontant vers la mince corde qu’il voyait se balancer doucement au loin. Il poussa Asfaloth à un galop plus rapide encore. N’importe quel étranger qui l’aurait vu passer aurait cru apercevoir une illusion féerique : il allait si vite, qu’on n’apercevait de lui et de son cheval qu’un éclair blanc et un reflet d’or, et on n’en entendait qu’un bruit de sabot et quelques éclaboussures de l’eau fraîche de Bruinen. En dépit de son visage serein, Glorfindel s’inquiétait réellement pour les disparus.

 

Lorsqu’il arriva enfin sous la corde, presque invisible de la berge, tant elle était haute, il s’arrêta enfin. Il leva la tête, et regarda un instant la petite forme sombre qui se balançait loin au-dessus de lui. Cette corde avait déjà maintes fois sauvé la vie de plusieurs Elfes, dont les jeunes disparus. Et aujourd’hui elle les avait peut-être tué tous les trois. Il ferma les yeux, laissant la lune dissiper sa crainte. La lune ?! Il faisait déjà nuit !? Ainsi, cela faisait maintenant plus de cinq heures qu’ils étaient tombés...

 

« Elbereth, aide-moi !!Donne-moi un signe, même le temps d’un éclair...Ait pitié de ces jeunes gens... »

 

Il rouvrit les yeux, et regarda la rivière, maintenant apaisée...Ainsi, pour tenter de sauver les jeunes Elfes, Elrond  avait commandé à la rivière de se calmer, car les eaux de Bruinen sont sous sa domination.

Entendant des appels clairs dans la nuit, Glorfindel se retourna, et aperçut des patrouilles d’Elfes, envoyées par Elrond et Erestor. Munis de torches et de chaudes capes, ils avaient plus de chance de retrouver les disparus que Glorfindel. Avec le sentiment d’être inutile, le grand Seigneur-Elfe, celui qui avait défendu Gondolin et tué un Balrog, laissa échapper ses larmes...il les aimait tant...Ils ne pouvaient pas être morts. Il se détourna des lueurs d’Imladris, et ordonna à Asfaloth de traverser la rivière, sans même prendre la peine de redescendre vers le gué. Quand Asfaloth reprit pied sur le rivage opposé, Glorfindel entr’aperçut un éclat d’argent, plus loin vers le bas de la rivière...éclat de lune dans une flaque ? Ou espoir de retrouver Elladan, Elrohir et Legolas ?

 

Il poussa Asfaloth au galop vers la tache claire, et arriva rapidement à coté. Il sauta de son cheval et courut vers elle. Il s’agenouilla, et découvrit une chemise de cuir souple vert feuille, portant des ornements d’ithildin, entrelacés de manière savante. C’était le reflet de la lune sur eux qui avaient attiré l’attention de Glorfindel. Une tunique royale d’Eryn Galen. Seules deux personnes pouvaient porter pareil vêtement. Thranduil et son fils. Ainsi quelqu’un, sûrement un Elfe ou un Dùnedain, avait tenté de soigner Legolas, car la tunique n’était pas déchirée, et seules ces deux races savaient comment défaire les entremêlements qui ferment les tuniques elfes. C’était plus certainement un des trois disparus, mais pas Legolas. « Car d’après le récit d’Estel, pensa Glorfindel, il était inconscient lorsqu’il est tombé. Il n’aurait pas pu enlever sa tunique si il était blessé. Donc au moins Elladan ou Elrohir était en vie et conscient. Merci, Elbereth !!! » Mais ils n’avaient pas leur armes, et portaient pour tout bagage une petite sacoche de plantes et de bandages. Ils étaient probablement blessés tous les trois, et étaient donc une proie facile pour une compagnie, même petite, d’orcs. Il fallait les retrouver rapidement.

 

Avant de pénétrer dans les bois pour rechercher les trois Elfes, il examina encore la belle tunique. Saisissant le col, il remarqua une petite tache de sang...du sang rouge brillant...mais teinté de noir. Le poison de Morgûl. Il revit alors les jumeaux arrivant au grand galop, épuisés, Elrohir qui lui tendait du haut de son cheval Legolas inconscient, avant de s’effondrer, Elladan choqué qui avait eu la force d’expliquer ce qui s’était passé avant de s’évanouir dans les bras d’Erestor...et surtout le visage si pâle de Legolas...il devenait presque transparent, car il résistait depuis presque un mois au poison de Morgûl, et commençait à devenir un spectre, comme les esprits servants de l’anneau... « Les Nazgûls sont de retour... » Les paroles d’Elrond résonnèrent dans sa tête...ils avaient passé tous les deux plus de sept semaines auprès du jeune prince, avant qu’il ne se réveille.

 

Alors Glorfindel comprit. ’’Quelque chose’’ avait ravivé le poison de la flèche du Nazgûl, provoquant probablement l’évanouissement de Legolas, et donc sa chute. Quant aux jumeaux, fidèles à eux-mêmes, ils avaient sûrement sauté à la suite de leur ami pour le sauver. «  Ils ont eu raison, pensa-t-il. Même si ils ont risqué leur vie tous les deux. J’aurais agi de même, et Elrond aussi. »

Il se redressa, et, rangeant la tunique sous la selle d’Asfaloth, décida d’explorer à pied la berge, en descendant vers les patrouilles qui étaient à cette heure déjà arrivées à la fin du domaine d’Imladris. Ils avaient envoyé un messager pour prévenir Eryn Galen et Lòrien, pour obtenir de l’aide. Glorfindel savait que Thranduil enverrait beaucoup de guerriers et de guérisseurs, car Legolas était l’unique héritier du royaume, et Lòrien enverrait aussi un groupe de guerriers, car les jumeaux et Legolas étaient aimés des nombreux Elfes qui y vivaient...

 

Quelques mètres plus bas, il découvrit une sacoche de soin, passée inaperçue aux yeux des patrouilles. Elle était frappée aux armes des seigneurs d’Imladris, Il la fouilla, elle ne contenait presque plus d’herbes et aucun bandage. « Ainsi, c’est forcément l’un des jumeaux qui a soigné son frère ou Legolas. Ou peut-être les deux, si j’en juge de ce qui reste dans la sacoche. » Il y avait donc au moins un espoir...

 

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