Le Monstre Rouge

Note : Ce fan-fic se déroule dans Aldaria, le monde de zaral, que vous pouvez consulter ici .

 

 omme chaque année en juillet le seigneur Rodarhim organisait de grandes joutes. Le prestigieux tournoi des seigneurs où se présentaient les meilleurs chevaliers de tout l’empire et surtout les 5 grands seigneurs ou leurs représentants. Le champion se voyait attribué le titre de champion impérial  symbolisé par le casque de mithril et d’or en forme  de tête de dragon. Mais cette année pour la 1ere fois le vainqueur deviendrait aussi le chevalier d’Aelysian Illistyn, la fille de l’empereur, pendant une année. Les joutes se déroulaient non loin  des murs de la ville mais en dehors, ou depuis des mois on s’affairait à la construction de gradins pouvant accueillir plusieurs milliers d’âmes. Les chevaliers et les spectateurs les moins riches campaient  autour du grand édifice de bois qui commençait à prendre des couleurs. Les rumeurs allaient bon train, la seule sure était que le seigneur Rodarhim vainqueur de l’année passée serait représenté par son fils william. Les plus absurde disait que les concurrents auraient à tuer un dragon, ou que l’empereur participerait (ce qu’il n’avait, entre nous, aucune raison de faire) ou encore  que Daermon choisirait le vainqueur à la valeur de son cœur et non de sa lance.
         La veille du début du tournoi cependant il ne manquait plus qu’un invité, l’empereur lui-même qui devait voyager seul car retenu par une affaire de dernière minute. Aeron Rodarhim fit part de ses inquiétudes au Seigneur Iridian des terres du nord à la fin de la matinée alors qu’ils traversaient le campement entourant la carrière.
- Je ne pense pas qu’il y ait lieu de s’inquiéter, répondit le seigneur Iridian,  sa majesté a du faire escale sur sa route et aura eue le  réveil difficile.
Rodarhim lui lança un regard noir.
- Tachez de perdre cette vilaine habitude de vous gausser sur le dos de vos supérieurs seigneur Iridian, cela pourrait bien vous attirer des ennuis plus gros que votre cheval un jour.
L’intéressé allait répondre lorsqu’ils furent interrompus :
- Mon seigneur ! Mon seigneur !
Un jeune homme traversait le camp à toute allure vers eux manquant à plusieurs reprises de s’étaler sur le sol.
- Il faut que vous veniez voir, on a trouvé un homme dans la forêt, il dit avoir été attaqué par un monstre, il est en mauvais état, les médecins sont près de lui mais ont peu d’espoir de le sauver.
- Allons bon, lâchât Rodarhim en suivant le jeune homme au pas de course, il ne manquait plus que ça.
En arrivant sur place, ils découvrirent un homme défiguré d’une sorte de coup de griffe et à qui il manquait un bras. Le malheureux avait succombé à ses blessures.
- Il a dit quelque chose ? S’enquit le seigneur Iridian.
- Non messire répondit un médecin, il n’a fait que hurler et les seuls mots compréhensibles furent « monstre » et « rouge ».
- Faites chercher la duidesse que j’ai vu l’autre jour, ordonna Rodarhim, je veux savoir quelle bête rode  près de mes gens.
- C’est peut être un gros loup, proposa innocemment Iridian.
- Les loups n’arrachent pas le bras d’une personne vivante messire, aussi, je préfères l’avis d’un professionnel, et envoyez un groupe de cavalier à la rencontre de l’empereur.
- Ca ne sera pas nécessaire Aeron, répondit une voix qu’ils connaissaient dans leurs dos, je suis là.
Les deux hommes se retournèrent et s’inclinèrent du même geste, avant de fixer l’empereur avec un certain embarras.
- Vous êtes blessé messire ? S’enquit Rodarhim.
- Point du tout.
Altaïr vit Iridian s’essuyer discrètement la commissure des lèvres et en fit autant d’un geste de la manche, effacent ainsi le sang qui tachait sa joue.
- Une escarmouche, s’empressa-t-il d’ajouter à l’intention de Rodarhim, alors ? Et ce tournoi ?  Je n‘ais pas bravé milles morts au travers de vos campagne pour rien j’espère !
Aeron lui sourit et les mena à la carrière, interroger l’empereur ne se faisait pas, l’incident était clos.


*        *
*


Cette nuit là, la forêt était silencieuse et sombre. Les arbres cachaient la lumière de la lune et des étoiles, ils cachaient au ciel le triste fardeau qui reposait à leurs pieds et que les charognards venaient dévorer. Cassandra Simbelmude, druide merroirienne avait attendu la nuit pour enquêter sur les ordres du seigneur Rodarhim. Elle avait appris la forêt au côté des elfes et savait la comprendre, elle ressentait cette tristesse chez les arbres, ce sentiment la mena jusqu’au lieu du crime, une quinzaine de cadavres, près d’un arbre brisé et des flèches plantées un peu partout. Le seigneur Rodarhim avait raison de s’inquiéter, aucun loup de pouvait se débarrasser d’autant d’ennemis armés.
 Soudain, les arbres l’avertirent d’une présence, une présence inamicale,  mais sans pouvoir la renseigner sur sa position, pas un bruit ne venait troubler le repos des morts et pourtant quelque chose s’approchait d’elle, elle le savait, elle le sentait, « cours Cassandra, cours » lui criait son cœur. Devant la confusion et la panique de l’esprit de la forêt elle prit peur et se mit à courir de toutes ses forces, elle incanta un sortilège, mais rien ne se passa, elle recommença, en vain,  elle arrêta sa course en arrivant sur un chemin. Elle entendit alors quelque chose venir vers elle, des sabots, un cheval ? Ici ? Elle décida de se cacher au bord de la route et attendit. Un cheval tout harnaché arriva seul sur le chemin, broutant ci et là sur le bas côté, Cassandra fit taire sa panique, elle allait sortir d’ici et rapporter ses conclusions au seigneur Rodarhim, la créature qui se cachait ici était une créature capable de se servir de la magie qu’elle ne pouvait affronter seule. Elle alla jusqu’au cheval égaré et lui caressa le chanfrein sans voir dans les yeux de l’animal le reflet de l’ombre qui s’approchait d’elle. Elle senti la lame froide lui perforer le dos jusqu'à ressortir entre ses seins. Son agresseur retira brutalement la lame et Cassandra se dit qu’elle avait une chance s’il s’en allait maintenant, mais comme si elle lisait dans ses pensées, l’ombre la laissa tomber au sol et soudain se fut le trou noir.


*        *
*


Le seigneur Rodarhim apprit la nouvelle le lendemain  matin alors qu’ils se rendait au tournoi avec l’empereur.
- Fâcheux, commenta Altaïr en  achevant de boucler son baudrier, on n'a pas idée d’aller se promener seule la nuit dans une forêt ou rode un monstre quand on est pas sure de savoir se défendre.
- Les druides sont protégés par la nature, la forêt est leur terrain, je suis aussi surpris que peiné d’apprendre ça.
- Pour ma part, répondit  Altaïr, je ferais plus confiance à un elfe. Nous devrions peut être accompagner le prochain druide qui s’aventurera dans cette forêt pour assurer sa protection qu’en pensez-vous ?
-Pourquoi pas, mais il n’y a pas d’autres druides en ville, et à vrai dire, plus personne ne mettra la pieds dans cette forêt pendant le tournoi, je vais charger un naturaliste de l’affaire.
Sur ce ils firent leurs entrée dans la tribune d’honneur de la carrière et répondirent  d’un salut aux vivats du publique avant de prendre place à leurs sièges respectifs. Altaïr embrassa sa fille, assise à sa droite, sur la joue :
- Tu as fait bon voyage ? Lui demanda-t-il.
- Ennuyeux à mourir.
- Ravi que tu ais survécu.
Déjà, les premiers chevaliers faisaient leur entrée dans la carrière sous les vivats du public.  Ils faisaient le tour de la carrière au galop pour venir se placer face à face et prendre leur lance de la main de leurs écuyers. A la différence des tournois classiques, en Aldaria les chevaliers n’étaient pas séparés par une rambarde de bois et portaient leurs épées durant la charge, ce qui rendait la manœuvre bien plus dangereuse. Chaque charge était spectaculaire et les lances se brisaient  sur les boucliers comme de simples fétus de paille. Le vainqueur du premier groupe était un chevalier au blason méconnu à la fleur noire et blanche dont le crieur annonça le nom : Messire Alrik de Capecaute.
- Si je ne m’abuse Aeron, dit Altaïr, ce jeune homme est le fils de ton intendant ?
- Plus exactement le fils  d’un baron du nord de la pointe  de l’Esterel votre altesse répondit Aeron Rodarhim.
- Il est doué.
- Un peu violent je trouve, lâchât Aelysian.
- C’est le principe de base de la chevalerie mon cœur.
Le deuxième groupe vit chuter le représentant d’Iridian  pour ne pas se relever contraignant son seigneur à céder de mauvaise grâce quelques pièces d’or à Aelysian sous le regard étonné de son père :
- Depuis quand joues-tu de l’argent toi ?
- Il faut bien que je me trouve un peu d’argent de poche pour les caprices que tu ne veux me céder mon cher papa.
L’empereur leva les yeux au ciel. L’heure du repas sonna et tous les membres de la tribune d’honneur furent conviés à un grand banquet dans la demeure du seigneur Rodarhim. Après une traversée de la ville quelque peu mouvementée, la présence de l’empereur et de ses seigneurs agitait les foules, chacun voulaient les toucher, les saluer donner, son nom ou simplement les voir, ils atteignirent le château de Rodarhim, là les attendait encore tous les convives, plus réservés ceux ci étaient l’élite du territoire et Aeron en profita pour présenter nombre de ses amis à l’empereur et à sa fille. Sa majesté, en bon souverain, se souvenait de chaque nom et de chaque visage qu’on lui présentait (surtout grâce à un sort de l’invention de Kendrakar) mais son attention fut retenue cette fois par le bien étrange Frédéric Cadderly,  taxidermiste et  chargé de découvrir quel monstre rôdait près du tour

noi c’était un   homme qui n’était pas à sa place dans la bonne société et n’osait regarder Altaïr en face bien qu’aucune règle ne l’interdise, au contraire.
-  Aeron vous a-t-il proposé une escorte pour entrer dans cette forêt Frédéric ? Lui demanda-t-il à brûle pourpoint alors qu tous les convives se dirigeaient vers  la grande table.
- Oui votre altesse, et à vrai dire nous allons y retourner ce soir car je pense que le monstre a attaqué d’autres personnes et les corps qui doivent reposer dans la forêt peuvent offrir de nombreux indices. L’ennuie c’est que la façon qu’a cette créature de tuer les expose à une plus rapide décomposition. Ce pourquoi nous irons ce soir, bien que m’aventurer là-bas de nuit ne m’enchante guère.
Altaïr se mit à rire et lui assigna une grande tape dans le dos :
- Allons Frédéric, d’après ce que vous venez de dire vous êtes sur de ne pas avoir affaire à un charognard ! Je ne vois pas ce que vous craignez. Mais ma foi, (il prit une voix de conspirateur) il est vrai que les guerrier d’ Aeron sont redoutables.
Il laissa le taxidermiste en riant encore et vint s’assoire à la droite du maître de maison au centre de la grande table en « U ».
- Vous ne m’aviez point informé de votre chasse nocturne Aeron, lança Altaïr.
- Je ne pensais pas que cela vous préoccupait votre altesse, de plus, je ne compte pas y participer. J’ai confiance en mes hommes.
- Vous avez raison, j’ai d’autres plans de chasse pour ce soir. Aïe !
Sa phrase lui avait valu une énergique claque sur la nuque de la part de sa fille qui venait juste de s’assoire à ses côté.
- Ha, c’est toi ma chérie, je reconnais bien ta patte.
- Je dirais tout à maman.
- Alors moi aussi, surtout concernant tes histoires d’argent caché.
Altaïr lui sourit, Aelysian fit la moue, il avait gagné cette fois ci :
- Allons tu sais bien qu’il y a une marge entre ce que je dis et ce que pense, ajouta-t-il pour la dérider.
- Un gouffre vous voulez dire ? Iridian les avait rejoint.
- Un gouffre que je compte bien combler, et de Vin messire !
Sur ces mots il se leva et leva son verre alors que le silence se faisait dans la salle :
- Damoiselles, Damoiseaux, messires et gentes dames, j’aimerais que nous levions nos verres à notre charmant hôte ainsi qu’a sa famille et à nos grands chevaliers, en un morceau ou plusieurs, qui par leur courage et leur adresse nous divertissent et nous éblouissent, puisse Daermon trinquer avec nous ! Santé !
Tous vidèrent leurs verres et Altaïr se rassit sous les applaudissements alors qu’on apportait le repas.
- Beau discours votre Altesse.
Altaïr sursauta et se retourna vers Frédéric qui s ‘était glissé derrière lui sans un bruit.
- Frédéric vous m’avez fait peur !
- Asseyez vous donc Frédéric, intervint Aeron.
- Merci messire mais j’ai à faire, je voulais simplement féliciter son altesse de ses talents de démagogues, maintenant je vous laisse.
Il s’inclina et  quitta la salle au milieu du flot des domestiques.
- Aeron, dit Altaïr comme s’il pensait à haute voix.
- Oui sire ?
- Pourrais tu me rappeler la définition du mot démagogue  s’il te plais ?
Face au regard très sérieux de l’empereur Aeron saisit enfin le sens des
 paroles du taxidermiste, humour ou insulte ? Visiblement cela
n’avait pas plus à Altaïr. Il allait devoir avoir une petite
conversation avec son ami Frédéric.
Le reste du repas se passa sans incident et dans la bonne humeur,
 les débats politiques, remplacés pour l’occasion par des troubadours
et autres amuseurs. Le spectacle fut clôturé par trois prêtresse de Daermon, parées d’or et de fausses ailes de dragon, exécutèrent une danse à la hauteur de leur réputation de fées.
Le tournoi reprit de plus belle tout l’après midi.

 

  
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