Je ne crois pas en la magie

Il était une fois un petit garçon nommé Pierre qui ne croyait en rien ! Tout le monde désespérait de le voir ainsi, car ne croire en rien ne nous aide pas à avancer sur le chemin de la vie !
Un jour, alors que sa mère achevait de lui raconter un conte, Pierre s'énerva et cria très fort :
" Je ne crois pas en la magie ! "
Puis il sortit de la maison, boudeur, pour rejoindre le jardin. Alors qu'il marchait sur l'étendue d'herbes, une petite voix tout juste audible s'éleva. Elle semblait provenir du sol :
" Aide-moi ! Ho s'il te plaît, Pierre, aide-moi ! "
Pierre regarda aux alentours pour voir d'où venait la voix mais il ne trouva personne. Il commença à paniquer quand la voix lui dit :
" Regarde vers le sol ! "
Pierre se pencha en avant et vit, couchée par terre, une toute petite fée. Ce petit être avait un bonnet de pétales de fleurs qui recouvrait ses cheveux blonds. Elle était vêtue d'une robe bleue et de son dos partaient deux grandes ailes. Elle n'avait pas l'air en bon état ! Le petit garçon, intrigué, prit la fée dans sa main et lui demanda :
" Qui es-tu ?
-Je m'appelle Elanore et je suis ta fée ! répondit la fillette ailée.
-Ma fée ? Mais je n'ai pas de fée, et d'ailleurs, les fées, ça n'existe pas ! s'énerva Pierre.
-Alors, dis-moi ce que je suis ! Et d'abord, c'est de ta faute si je me retrouve dans cet état. Tu n'avais qu'à ne pas dire cette phrase si sotte !
-Mais qu'est-ce que j'ai dit ? se défendit Pierre.
-Je ne crois pas en la magie ! Cette phrase est meurtrière pour nous. Maintenant écoute-moi. Chaque être vivant a une fée qui le protège. Moi, je suis la tienne. Mais à cause de cette bêtise que tu as dite, je vais mourir. Expliqua Elanore.
-Oh non ! mais qu'est-ce que j'ai fait ! dit Pierre en pleurant. Dis-moi ce que je dois faire pour t'aider, petite fée !
-Va dans la forêt et ramène-moi de l'eau de la source des fées. Et fais vite ! "
Pierre posa la petite fée sur une fleur du jardin de sa mère où elle resterait en sécurité jusqu'à son retour puis partit en courant vers la forêt. Il ne cessa de se lamenter sur son sort, de grosses larmes perlaient sur ses bonnes joues rouges. Soudain, il trébucha sur quelque chose. Ce quelque chose était vivant et ne tarda pas à le gronder!
" Sale petit garnement ! Mais pour qui te prends-tu ? Regarde un peu où tu mets tes grands pieds ! "
Un nain se leva, grincheux, et regarda du haut, ou plutôt du bas, de ses quelques nonante centimètres le visage apeuré de Pierre. Il avait une longue barbe, portait une tunique verte et la pointe de son bonnet rouge atteignait tout juste le monton de Pierre. Celui-ci tenta de s'expliquer entre quelques gros sanglots.
" Excusez-moi monsieur le nain mais je dois trouver de l'eau de source pour sauver ma fée qui va mourir à cause de mes bêtises. Vous pouvez m'aider ?
-Ha ça non ! dit le nain. Je déteste les fées et ce n'est pas demain que j'aiderai un petit sot à en sauver une ! Mais dis-moi mon garçon, où est-elle ta fée ? Je pourrais…abréger ses souffrances et ainsi tu n'auras pas besoin de cette fichue eau de source !
-Je ne vous dirai jamais où se cache ma petite fée. Je lui ai déjà fait assez de mal comme ça. Jamais vous ne l'approcherez ! dit courageusement Pierre.
-Et face à ma hache, me diras-tu toujours la même chose, jeune homme ? "
Le nain prit une hache presque aussi grande que lui qui pendait à sa ceinture et menaça Pierre. C'est alors qu'arrivèrent des dizaines de petites fées. Elles crièrent au petit Pierre :
" Dépêche-toi, va te cacher ! "
Pierre ne se le fit pas répéter deux fois ! Il courut se tenir derrière un gros buisson qui lui permit de regarder la scène tout à son aise. Les petites fées tournoyaient autour du nain qui devenait franc fou. Le nain se tournait en tous sens pour essayer d'attraper les petites créatures ailées mais elles étaient tellement rapides que l'on pouvait seulement apercevoir une petite trainée, reste de leur trajectoire. Mais par on ne sait quel miracle, le méchant nain réussit à attraper une petite fée. Elle se mit à crier, à se débattre et le nain, lui, riait, riait, riait ! Les autres fées, elles, pleuraient de peur. Pierre prit alors son courage à deux mains ! Il regarda autour de lui et trouva une grande branche d'arbre. Il la saisit, puis se dirigea doucement, sans faire de bruit, vers le nain qui ne l'aperçut pas. De toutes ses forces, Pierre leva la branche et donna un grand coup sur la tête du nain, qui fut aussitôt assommé ! Il tomba en avant et la fée qu'il tenait dans sa main put alors se dégager. Toutes les fées volèrent joyeusement autour de Pierre pour le remercier. L'une d'elle s'arrêta à la hauteur de son visage et lui dit :
" Merci petit Pierre ! Tu nous as bien aidées ! En gage de reconnaissance, suis-nous. Nous allons te conduire à la source des fées. Tu pourras y prendre autant d'eau que tu le souhaites pour sauver Elanore.
-Vous connaissez Elanore ? demanda Pierre.
-Bien sur, elle vit avec nous ! Dépêchons-nous maintenant ! "
Pierre suivit les petites fées. Il marcha pendant une bonne heure avant que les fées ne s'arrêtent devant une grande falaise. Une d'entre elles s'approcha et pausa sa main sur la paroie. Celle-ci ne tarda pas à s'ouvrir et à offrir un spectacle merveilleux. Pierre entra, les yeux grands ouverts. Devant lui se tenaient majestueusement de grands arbres aux feuillages dorés qui illuminaient les alentours, les fleurs, elles, chantaient joyeusement. Des fées de couleurs différentes voletaient à toute allure par-ci par-là. Ce pays était merveilleux, il inspirait la joie, la paix et le bonheur ! La fée qui avait ouvert le passage secret dit à Pierre :
" Voici le monde de la magie ! Il est magnifique, n'est-ce pas ? C'est nous les fées qui devons l'entretenir. Mais malheureusement, de plus en plus de personnes ne croient plus en la magie et par leurs phrases, ils nous tuent. S'ils continuent d'être ainsi, les fées n'existeront plus et ne pourront plus s'occuper de ce jardin merveilleux. Le comprends-tu ?
-Oui, répondit simplement Pierre. "
La fée fit signe à Pierre de la suivre. Ils avancèrent un moment puis Pierre put apercevoir un petite fuite d'eau qui s'échappait d'un rocher. Les fées apportèrent à Pierre une bouteille vide qui lui permit de puiser suffisamment d'eau pour guérir Elanore. Ensuite, elles ramenèrent Pierre près de l'entrée. Le garçon dit alors:
" Oh ,s'il vous plaît, ne me laissez pas tout seul. J'ai peur dans cette grande forêt. Je vais sûrement me perdre ! "
Alors aussitôt, quatre fées soulevèrent Pierre par ses vêtements et il survola la forêt. Pierre remercia les fées et repartit chez lui en courant. Il retrouva Elanore sur la fleur où il l'avait laissée. Celle-ci lui dit :
" Tu en as mis du temps ! Mais tu t'es donné de la peine pour me sauver !Merci ! "
Elle but tout le contenu de la bouteille pendant que Pierre lui faisait un récit de son aventure. Il n'oublia rien. Ni le vilain nain, ni toutes les petites fées, ni le monde magique et ni son envolée ! Elanore était ravie de le voir aussi heureux grâce à la magie.
" Tu vois, lui dit-elle, chaque être humain a de la magie qui sommeille en lui !
-Je crois en la magie, je crois en la magie, je crois en la magie !répéta Pierre ! "
Tous deux rigolèrent. Ils passèrent une agréable fin de journée ensemble. Puis vint le moment de se quitter. Pierre était très triste. Il voulait rester avec la petite fée. Mais celle-ci lui promit, pour le consoler, qu'elle veillerait toujours sur lui. Et Pierre, à son tour, lui fit une promesse. Il lui donna sa parole de toujours croire en la magie et de tout faire pour que les autres enfants de son âge y croient également.
Ainsi, chaque jour, Pierre réclame un conte à sa maman et le soir, il s'empresse de courir sur la place du village pour le raconter aux autres enfants ! Il finit même par accomplir de très grands voyages pour aller raconter des histoires aux enfants des autres pays. Il ne cessa jamais de raconter des contes. D'ailleurs, sa préférée reste celle qui lui est arrivée !

 

  
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