Par une nuit étoilée

C'était une nuit de plaine lune. Une nuit splendide grâce aux étoiles qui animaient les cieux noirs. Ce soir-là, je veillais dans un hôpitale. Mais j'avais passé toute ma nuit au chevet de cette jeune fille. L'adolescente était couchée dans un lit, faible, fatiguée. Son visage était d'une pâleur étonnante, de grandes scernes foncées masquaient légèrement ses yeux fermés, de la sueur dégoulinait de sa longue chevelure noire, des petits tuyaux transparents regagnaient son nez pour lui permettre de respirer convenablement et une autre machine se trouvait à côté d'elle, indiquant par des bips sonores les faibles batements de son cœur. Elle était vraiment dans un état grave. Prise de pitié pour elle, je m'approchai de son lit, saisis sa main froide et fine et la gardai dans la mienne, n'était-ce que pour la réchauffer. La jeune fille ne se rendit pas tout de suite compte de ma présence. Elle était bien trop mal en point pour ça. Mais elle finit quand même par ouvrir doucement et avec peine ses yeux rougis et, avec beaucoup d'efforts, tourna sa tête vers moi. Un léger sourire vint alors animer ses lèvres qui fit paraître son visage malade rayonnant. Pendant un moment, nous nous regardâmes sans dire un mot. Puis, je finis par briser le silence :
- Ne t'inquiète pas, tu vas t'en sortir.
La fille avait l'air étonné de mes paroles. Elle me fixa un moment avant de me répondre :
- Avez-vous peur de mourir ?
Sa question me laissa sans voix. J'ouvris ma bouche pour lui répondre mais aucun mot ne daigna sortir. Je me reposai la question. Avais-je peur de mourir ? Je me rendis compte que la mort était ce qui m'effrayait le plus. Je fini par lui répondre un vague " oui " qui confirmait mon éffroie. La jeune fille m'observa à nouveau. Puis elle commença à parler :
- La mort ne m'effraie pas. Je sais que je vais mourir mais je n'ai pas peur…
- Ne dis pas ça, la coupais-je, tu es sortie du coma il ne te reste donc plus qu'à te rétablir maintenant.
- je vais mourir, répéta l'adolescente, et je préfère que ce soit ainsi. Je ne supporte plus la pitié dans le regard des gens, les larmes dans les yeux de mon père, les piqures et les médicaments. Je veux rejoindre ma mère parmis les étoiles. Je sais que je dois y aller. Je n'ai pas peur car je sais que là-haut, il ne m'arrivera plus rien. Je n'aurai plus d'affreuses douleurs à supporter. Je serai une étoile scintillante. Je veillerai depuis les cieux sur mon père et je brillerai à jamais dans son cœur. J'ai terminé ma vie sur terre. Elle était courte mais elle m'a suffit. Je préfère mourir que continuer de souffrir comme ça. Il n'y a pas que moi qui souffre mais aussi les personnes qui m'entourent. Quand je serai partie, la consience de mes proches sera appaisé. Et dès que mon dernier souffle se sera éteint, une étoile s'allumera dans le ciel parmis les autres. On ne la remarquera probablement pas mais elle sera là et c'est ce qui signifie que la vie est éternelle…
J'étais sidérée. A côté de cette fille si mûre je me sentais, moi adulte de 20 ans, comme une enfant qui ne savait encore rien de la vie. Je me sentais stupide d'avoir peur alors que ma santé était parfaite. Et cette jeune fille qui savait que ses heures étaient comptées, demeurait la plus sereine. C'était elle qui allait mourir et moi qui paniquais. La jeune fille me regarda à nouveau. Puis, doucement, ses yeux se fermèrent, son souffle déjà légé et irrégulié s'éteigna en silence. Sur la machine qui indiquait les batements de son cœur ne se trouvait plus qu'un simple trait et ce bruit qui ne s'arrêtait pas et qui restait toujours le même me semblait infernal. Je vis une troupe d'infirmiers et de médecins accourir vers la pièce ou je me trouvais. On me fit sortir de la chambre. Je ne me rendis pas tellement compte de ce qui m'arrivait. Je finis par sortir de mes pensés. J'étais dans le couloir. Devant moi, se dressait une porte qui tout à coup me semblait immense. Mais de l'autre côté me parvenaient quand même des sons. J'entendais bien distinctement les bruits des électrochoques. Mais je savais que tout cela était inutile. La fille l'avait dit elle-même avec courage, elle allait mourir. Je me dirigeai vers une fenêtre qui se trouvait à quelques pas de moi, levai les yeux vers le ciel et aperçu une étoile s'allumer…


 

  
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