Les Assassins de Mirkwood

Legolas, Mirkwood et ses écureuils sont à Tolkien

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Legolas esquiva la lame d’un bond et para le coup de poignard. Le tintement des armes attirait les écureuils noirs qui pullulaient dans l’ombre de Mirkwood : des dizaines de petits yeux rouges regardaient fixement les trois combattants. Legolas s’essoufflait, ses adversaires ne lui laissaient aucun répit et tournaient autour de lui sans cesser de lui porter de violents coups d’épée. Il entendit une lame siffler tout près de sa tête, et un trait de douleur glacée le fit brusquement inspirer. Il recula de quelques pas et sentit le sang couler sur sa joue, mais il ne lâcha pas son arme, son poignard de mithril : une arme royale qui ne le quittait pas et dont le fourreau de cuir rebondissait contre sa jambe.

Les deux hommes face à lui ne le laissèrent pas reprendre son souffle et levèrent leurs épées dans un même mouvement. Legolas hésita un instant, et se jeta entre eux alors que deux éclairs d’argent s’abattaient juste derrière lui. Son épaule heurta celle d’un des attaquants alors qu’il tendait sa dague vers le ventre de l’homme. Il trébucha, sa lame éraflant à peine le tissu du vêtement sombre, et fit quelques pas déséquilibrés avant de parvenir à refaire face. Il respirait vite et son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Il chercha une solution, une issue quelconque. Mais il était seul face aux attaquants, et les yeux des deux hommes brillaient malgré l’ombre de la forêt.

Ils avaient chacun une épée et un poignard argenté. Soudain, ils bondirent sur Legolas surpris et le renversèrent. Sous l’impact, il heurta violemment l’arbre derrière lui : le souffle coupé, des étoiles devant les yeux, il se laissa tomber à terre tandis que les pointes acérées des épées vinrent piquer sa gorge. Il se figea :

- Daro, non dangen... (Arrêtez, je suis vaincu...)

Les lames s’enfoncèrent un peu plus loin dans sa gorge et griffèrent sa peau, avant de se retirer. Il sentit des mains le saisir sans ménagement par les épaules pour le remettre sur ses pieds.

Il ouvrit les yeux alors que l’un des guerriers tendait la main vers son visage :

- Bain haru ! (Jolie blessure !)

- E boe i glaew... (Il a besoin d’onguent...)

Les deux hommes le fixaient. Legolas restait silencieux, la tête baissée. Il avait lâché son poignard, mais se retourna brusquement et se pencha pour le récupérer ; immédiatement, une épée siffla et heurta sa gorge du plat de la lame. Il tomba à genoux et se mit à tousser violemment.

- Avorno ! (Reste tranquille !)

Il resta prostré quelques instants, reprenant son souffle, puis se tourna vers le guerrier qui avait parlé :

- E far, non harnen. (Ca suffit, je suis blessé.)

Il y eut un instant étrangement long durant lequel aucun d’entre eux ne bougea. D’un même geste, les deux hommes rangèrent leurs armes au fourreau et se penchèrent vers Legolas pour l’aider à se relever.

- Pelichent, caun ! (Vous avez perdu, prince !)

Legolas soupira, et les deux hommes sourirent victorieusement.

- Mae carnen, nach mae maethyrin. Aniron dravo enninn i maeth cilol ! (Bien joué, vous êtes de bons guerriers. Par pitié, frappez plus doucement la prochaine fois!)

Les deux autres elfes se mirent à rire, et soutinrent le prince épuisé ; ils s’en furent tous trois vers le palais en bavardant joyeusement.

Sur la joue de Legolas, le sang coulait toujours. Il l’essuya d’un revers de manche. Sa mère allait encore hurler...

 

  
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