Par Tari Miriel/Eliniel Eithelwen et Pepsi/Narhith.
Commençons par faire les présentations :
Eliniel Eithelwen est une jeune elfe de Mirkwood, âgée de 1523 ans, et elle est la cousine du prince Legolas. La signification de son nom est « enfant des étoiles, fille de la mer » Réputée pour ses talents d'archère, elle participa avec son amie Narhith à la Bataille des Cinq Armées, puis à la Guerre de l'Anneau, où elles eurent pour mission de protéger la Communauté de l'Anneau. Elle est plus jeune que Narhith, mais elle sait rendre espoir et donner du courage lors des moments difficiles ... car elle est la bonne humeur et la vitalité en personne.
Comme tous les elfes, elle est grande et mince ; elle possède de longs cheveux blond foncé et ses yeux sont vert-gris, scintillants d'une manière étrange, tout comme ceux de son amie. Son surnom que Narhith lui donne est Lin.
On sait peu de chose de sa naissance et de son ascendance, mais l'on raconte à Mirkwood que le Roi Thranduil, au cours d'une chasse aux araignées, aurait croisé un grand loup noir qui le regardait droit dans les yeux. Il avait encoché une flèche et visé la bête, mais comme elle ne bougeait point et ne paraissait pas vouloir l'attaquer, n'avait pas tiré. Le loup s'était alors écarté, et derrière lui se trouvait un petit enfant emmailloté dans une cape toute simple. Le roi était descendu de cheval, et avait pris le bébé dans ses bras. Lorsqu'il se retourna, le loup porta un instant son regard vers les étoiles qui apparaissaient au-dessus des arbres, et le Roi Elfe l'imita. Quand il reporta son attention sur le loup, celui-ci avait disparu. Il la ramena au palais, et voulut la donner à une famille sans enfant, qui s'en serait occupé. Mais son fils Legolas s'attacha à l'enfant, et il fut décidé qu'elle serait adoptée sous le nom d'Eliniel, l'enfant des étoiles. Jamais plus les elfes de Mirkwood ne se firent attaquer par des loups, mais non plus ne revit-on le plus grand de tous, qui avait un jour sauvé une enfant elfe .
Narhith est une jeune semi elfe de 1633 ans, qui vient de Lorien, tout comme son amie Eliniel, mais fait également des séjours dans la cité d'Imladris. C'est une semi elfe car sa mère était une humaine de la cité de Minas Tirith, en Gondor. Son père était un cousin lointain de Galadriel . Son nom, signifie "Brume de soleil", mais Eliniel l'appelle également Nan. Elle fut élevée en Lothlorien par son père, après la disparition de sa mère. Cent ans plus tard, épuisé par son chagrin et son amour perdu, son père mourut à son tour. La jeune semi-elfe fut ensuite élevée par à Galadriel et Celeborn, qui se prirent à l'aimer comme leur propre enfant.
Un jour, partie faire une balade à cheval, elle rencontra un cavalier : Peleorn, homme du Gondor, qui venait en visite en Lorien. Leurs sentiments réciproques sont plus qu'une simple amitié, mais ils n'osent se l'avouer...
C'est l'aînée. Elle est très sensible, calme, timide, mais possède également un fort caractère.
Narhith est de taille moyenne, héritage de sa mère. De ses racines elfiques elle tient la finesse de ses membres et ses oreilles pointues.
Ses cheveux sont bruns tout comme ceux de sa mère, avec des reflets blonds et roux, rappels de la chevelure blonde de son père. Ses yeux sont d'un marron intense, très foncé, avec un éclat acajou ...
MAINTENANT QUE VOUS SAVEZ TOUT SUR NOUS , VOICI NOTRE HISTOIRE ET CELLE DE LA COMMUNAUTE DE L' ANNEAU :
« Eliniel ! Narhith ! Venez vite, Galadriel et Celeborn vous demandent ! »
Un tout jeune elfe déboula dans la clairière où Haldir et Eliniel se battaient au tir à l'arc, sous le regard vigilant de Narhith, et les cris joyeux d'elfes dans les arbres. Le garde s'était encore une fois moquée d'Eliniel et de Narhith, mettant en doute leur statut de guerrières ; et Eliniel, vexée, avait immédiatement répliqué. Mais Narhith, plus calme que son amie, les avaient apaisé en proposant qu'ils se mesurent au tir. Le perdant devrait présenter ses excuses.
Son jeu continuel avec Haldir distrayait les gardes des frontières, car les deux filles allaient souvent les aider à surveiller. Considérées comme des hommes lors des combats, des patrouilles, ou des tours de gardes, les jeunes filles s'étaient bien vite distinguées lors d'une visite au royaume du Roi Thranduil.
* *Flash back de la visite à Thranduil * *
Des jeux avaient été organisés pour les jeunes guerriers, qui devaient rester masqués jusqu'à la fin des épreuves : du tir à l'arc masqué et avec les yeux bandés, des courses de sauts dans les arbres, et bien d'autres encore. Narhith n'était jamais venue à Mirkwood, et fut ravie de ce qu'elle y trouva ! De plus, elles eurent toutes deux grand succès, et plusieurs jeunes elfes vinrent leur conter leur admiration durant une bonne partie de la soirée. Mais avant de parler de la fin, il est mieux de parler du début ! Voici donc ce qui se passa durant cette journée. Elles avaient participées au tir à l'arc, habillées en hommes, grâce à la complicité du prince lui-même : à la demande de sa jeune cousine Eliniel, Legolas les avait aidées à entrer dans l'armurerie, et il leur avait rapidement trouvé des tuniques adaptées.
Elles eurent tôt fait de se distinguer par leur adresse, et à la fin du concours de tir, lorsque le roi leur demanda de retirer leur masque, elles ne surent comment agir . Legolas murmura quelque chose à l'oreille de son père, qui l'écouta attentivement, avant de sourire. Se levant, il prit la parole, et s'adressant aux jeunes archers qui l'écoutaient attentivement, déclara, mi-riant, mi-sérieux :
« Mes jeunes amis, vous voilà battus. »
Les futurs guerriers se regardèrent sans comprendre : hé bien oui, ils étaient battus, quelle était la raison de la pointe d'ironie qui perçait dans la voix du Seigneur Elfe ?
« Et battus par de jeunes demoiselles courageuses, qui ne craignent pas de se mesurer aux hommes. les cinq premiers sont, dans l'ordre : Legolas de Mirkwood, premier ; deuxièmes ex-aequo : Elladan et Elrohir d'Imladris ; et également ex-aequo et troisièmes : Eliniel de Mirkwood et Narhith de Lòrien.
A nouveau cette année les gagnants sont les mêmes, mais Haldir de Lòrien est détrôné par ces dames ! Messieurs je pense que vous pouvez leur faire honneur, car elle feront désormais partie des guerriers elfes, et ce au même titre que des hommes ! Vous pouvez également décider du sort de votre prince, car il a désobéi à son Maître d'armes. Mais il a également permit à ces jeunes demoiselles de participer en secret à ce jeu, et je pense que vous pouvez le remercier de nous avoir découvert de si jolies guerrières ! »
Les guerrières en question rougirent sous le compliment, le roi n'était pas avare en flatteries, bien au contraire, mais il était tout de même un puissant seigneur, et respecté. Acclamés par la foule, les six gagnants montèrent sur l'estrade, bientôt rejoints par les seigneurs de leurs cités respectives : Elrond, Thranduil et Celeborn.
* * * * *
« Eliniel ! Narhith ! Venez vite, Galadriel et Celeborn vous demandent ! »
Les intéressées tournèrent la tête vers le jeune elfe qui arriva rapidement à leur hauteur, à peine essoufflé.
« Bien Alak, soupira Eliniel, vexée de ne pouvoir continuer son combat contre Haldir, allons-y ... »
Les deux jeunes elfe et semi elfe commencèrent à partir, quand la voix moqueuse du garde se fit entendre :
« Heureusement que nos seigneurs vous demandent, sinon je crains vous auriez été obligée de me faire des excuses ... »
Les mots eurent l´effet escompté et Eliniel se retourna vivement vers lui :
« Si je n´avais pas été obligée de partir, je vous aurait battu, Haldir, et en plus de vos excuses, je vous aurait fait avaler votre arc de force !
- Calmes-toi Lin. Vous êtes ex aequo pour le moment. Vous reprendrez le combat plus tard, dit calmement Narhith, qui, connaissant les caractères des deux elfes, préférait calmer leurs ardeurs.
- Oui, tu as raison, soupira la jeune elfe. »
Puis, soutenant le regard de Haldir :
« Nous n´en avons pas fini. Quand cet entretien sera terminé, nous reprendrons ce combat où il s´était arrêté.
- Bien sûr, jeune fille, répondit le garde avec un sourire narquois. Il n'aurait jamais avoué qu'il considérait la jeune fille comme sa propre s½ur et ce serait battu pour elle . Mais tout de même, quel plaisir de la voir ainsi enragée !
- Allons, dépêchez-vous jolies guerrières ! Celeborn et Galadriel vous attendent, s'impatienta Alak. »
Elles échangèrent un sourire amusé, et se dirigèrent vers le coeur de la Lorien.
Eliniel et Narhith arrivèrent devant le couple et s´inclinèrent respectueusement devant leurs souverains. Ceux-ci les invitèrent à prendre place sur de magnifiques sièges elfiques aux motifs floraux.
L´air sérieux des deux elfes attira l´attention des jeunes filles. Celeborn brisa le silence en premier :
« Le mal empire. Sauron veut retrouver l´anneau unique à tout prix. Boe ammen i dulu lin, dit-il d´un ton grave. »
Les jeunes guerrières connaissaient l´histoire de l´anneau et de Sauron, mais ces brèves paroles les laissèrent sans voix.
Galadriel, silencieuse, observait les deux elfes devant elle, plongée dans ses pensées. Elle sentait quelque chose émanant d'elles, une sorte de puissance cachée, et lorsqu'elle sonda le regard de chacune d'elles, elle perçut la marque. La marque des Edhel Tinwë, la marque de celles qui devaient sauver la Terre du Milieu. Une ancienne prophétie lui vint à l'esprit.
Au Troisième Age, Sauron reviendra ;
Et les anciennes alliances réapparaîtront.
Le Porteur de l'Anneau souffrira ;
Et huit, pour le protéger, partiront.
Mais une aide devra leur être apportée ;
Si le Porteur ne veut pas échouer.
Deux princesses elfes partiront les aider ;
Et souffriront pour les sauver.
Les Seigneurs Elfes ne doivent pas se tromper ;
Car c'est dans la mort qu'elles seront révélées.
Le risque est trop grand pour hésiter ;
Les immortels ne doivent pas être tués.
Car c'est de Mandos lui-même qu'elles apprendront leur destinée ;
Et des éternelles cavernes des elfes seules les Edhel Tinwë
Pourront être ramenées.
Elles souffriront pour ne pas échouer.
Et la Dame de Lumière trembla de voir ces trop jeunes elfes destinées à mourir. Les légendes sont parfois cruelles, mais seules les Edhel Tinwë avaient le pouvoir de protéger la Terre du Milieu...en donnant leur vie pour celles de tant d'autres...
Elles souffriront beaucoup trop pour des jeunes filles, Galadriel le savait. Elle avait vu des guerriers tourmentés par la douleur et le chagrin quitter le monde des vivants, et les Edhel Tinwë devront souffrir bien plus pour mener à bien leur destinée.
Sentant l'éphémère trouble de sa dame, Celeborn lui lança un regard inquiet, mais elle avait déjà reprit contenance et ne montrait rien de ses émotions. Le seigneur elfe entendit sa voix dans sa tête :
I amar prestar aen... An mathon ne nen... An mathon ne chae... A an noston ne' wilith... Les Edhel Tinwë...
Elle n'eu pas besoin d'en dire plus. Celeborn lui jeta un regard indescriptible...
Il reprit :
« Un conseil a eu lieu à Imladris à ce sujet. Il s´est terminé sur le fait qu´une communauté, composée de neuf représentants des différentes races, partira vers le Mordor pour le détruire. A sa tête se trouve un jeune Hobbit du nom de Frodon Sacquet, le porteur de l´anneau.
- Mais en quoi notre aide sera-t-elle utile ? demanda Narhith.
- Nous vous chargeons de protéger en secret la communauté. Il vous faudra les suivre dans leur voyage et prévenir les dangers qui les guettent.
- Protéger la communauté, répéta Eliniel, mais comment ? Nous sommes trop jeunes ...
- Vous êtes peut-être jeunes en effet, dit soudain Galadriel d´une voix douce, mais vous avez autant, si ce n´est plus, de courage et de force que certains elfes qui ont vu d´innombrables printemps. De plus, vous avez démontré vos talents de combattantes et d´archères à maintes reprises. Vous avez donc notre confiance absolue. »
Elle laissa passer un silence pesant et demanda :
« Acceptez-vous cette mission ? »
Les jeunes elfes se regardèrent un moment, se consultant du regard. Puis, elles se levèrent ensemble et Narhith dit :
« Oui, nous acceptons et ferons en sorte que la communauté soit toujours saine et sauve. Mais ... Qui en sont les membres ? »
Celeborn énuméra chacun des représentants, puis déclara :
« Bien. Vous partirez dès demain matin. »
Les guerrières s´inclinèrent. L´entretien était terminé.
Celeborn prit les mains de Galadriel et la regarda. Elle tremblait.
- Pauvres enfants, murmura-t-elle. Je crains qu'elles ne meurent. Je sais depuis que nous avons recueillit Narhith qui elle était, et je crois que Legolas a eu une bonne intuition en demandant à son père d'adopter Eliniel. Elle est plus jeune, peut-être même trop pour ce qu'elles devront faire.
- Thranduil savait ce qu'il faisait. Il y a bien longtemps qu'il sait ce qu'elle est. C'est pour cela qu'il nous l'a envoyé en prétextant qu'elle devait se reposer loin des araignées géantes de la forêt. Il a sentit qu'il était temps.
- Nous savions tous ce que nous faisions. C'est juste que. Je ne pensais pas qu'elles devraient partir si tôt.
L'aube se levait doucement sur la Lorien. Un jour ensoleillé allait naître. Deux silhouettes apparurent derrière un arbre, et se dirigèrent vers l'armurerie. Leur conversation, fort animée, alerta le jeune elfe qui était de garde ce matin-là devant la salle. Il les reconnut et les fit entrer, puis les suivit.
« Que cherchez-vous donc, de si bon matin ? »
Eliniel lui sourit.
« Nous partons, Lenwë ! Loin, et peut-être pour un long moment. Peux-tu nous trouver deux poignards légers, et deux couteaux longs ? Nous en aurons besoin. »
Lenwë se dirigea vers un coin de la pièce, et il se mit à farfouiller dans un grand râtelier couvert d'armes.
Narhith regarda attentivement les arcs qui reposaient devant elles. Elle se tourna vers son amie :
« Que prend-on ? »
La jeune fille réfléchit quelques instants.
« Je vais prendre. l'un des blancs, ils sont plus légers et leur courbure fait qu'ils sont plus faciles à transporter en voyage que les autres. Prends donc le même !
- Mais ce sont les plus précieux, ils sont réservés aux princes et aux seigneurs ! Je ne peux les utiliser ! »
Eliniel rit.
« Tu oublies donc que tu es une princesse ?
- Adoptée.
- Et alors ? Moi aussi, et même adoptées nous avons le titre royal.
- Tu as sans doute raison. Mais voit-tu, je ne m'habituerais jamais à tous ces gens qui m'appellent « princesse » lorsque nous allons à Mirkwood. Ici tout est plus simple. »
La jeune fille rit à nouveau. Narhith détestait être considérée autrement que les autres elfes.
« Ici aucun elfe ne t'appelle « princesse » en dehors du palais, parce que tout le monde te connaît et beaucoup sont tes amis. »
Narhith fit une moue vaguement convaincue, et Lenwë arriva sur ces entrefaites. Il leur tendit à chacune un poignard et un couteau long (« Ca y est, vous avez fini de vous disputer? », puis prit leur arcs pour en vérifier la tension. Elles prirent un air faussement outragé, avant de laisser leur visage se détendre, et bientôt des éclats de rires retentirent jusqu'au-dehors de l'armurerie. Lenwë était l'un de leurs meilleurs amis. Elles se calmèrent, puis examinèrent leurs armes. Les lames des poignards étaient parfaitement effilées, et ils étaient très bien équilibrés. Narhith jeta un coup d'½il à Lenwë qui leur tournait le dos, debout devant un établi. Il était très versé dans la science des armes, et c'est pour cela qu'en l'absence du maître d'armes c'était lui qui assurait la maintenance de l'armurerie. Il était d'ailleurs pour cela très souvent affecté à la garde de la salle la nuit, ou quand personne ne devait y venir durant la journée. Eliniel vit son amie lever doucement le poignard à côté de son oreille, en le tenant par la pointe. Narhith tira la langue pour imiter les Humains en train de se concentrer, plissa les yeux, puis cria brusquement :
« LENWE NE BOUGE PAS !! »
Et elle lança le poignard. Lenwë ne cilla même pas lorsque la lame se planta dans le mur, et se retourna vers elle, le sourire aux lèvres :
« Tu sais que tu n'es ni la première, ni la dernière à m'avoir fait ce coup-là ? Cela ne me fait plus peur. »
Eliniel éclata de rire.
« Allons Narhith, cesse de faire cette tête, on dirait un hibou courroucé !
- Mais c'est un hibou courroucé ! Se moqua Lenwë.
- Là, tu la cherches, fit Eliniel avec un sourire. »
Mais Narhith ne fit ni ne dit rien, et les trois ne purent s'empêcher de rire. Un rire franc, contagieux, qui ravissait quiconque l'entendait. Mais ils revinrent bientôt à leur sérieux.
« Voici vos arcs, ils sont prêts à faire un long voyage, fit Lenwë en leur tendant les armes. »
Elles prirent également des carquois, chacun contenant deux douzaines de flèches.
« Tu crois que nous aurons assez avec deux douzaines, Lenwë ? Même si on les récupère sur les corps, il y en aura beaucoup de cassées ou brûlées.
- Ne vous inquiétez pas pour cela, vous en aurez assez. »
Il les regarda quelques instants, silencieux.
« Revenez vivantes. Namarië. »
Les deux jeune elfes le quittèrent à regrets, et sortirent de l'armurerie à pas lents. Elles venaient de se rendre compte que ce qu'elles devaient faire pourrait fort bien leur coûter la vie ; mais elles acceptèrent de risquer leur immortalité pour aider le porteur de l'Anneau à accomplir sa tâche.
Sans un mot, pensives, Narhith et Eliniel sellèrent deux chevaux, et mirent dans un sac sur la selle d'Eliniel quelques lembas. La route vers Imladris ne serait pas trop longue, mais les pains de voyage elfiques étaient plus légers à transporter que les denrées habituellement utilisées par les Humains. Narhith passa les doigts sur les gravures argentées qui ornaient sa selle, puis enfila ses gants de cuir et sauta sur la selle. Eliniel, partie chercher des gourdes d'eau, revint et l'imita quelques instants plus tard. Elles passèrent au pas sous les arbres de Caras Galadhon, conscientes que, peut-être, c'étaient la dernière fois qu'elles pouvaient les voir. Celeborn les interpella, et descendit rapidement vers elles.
« J'espère que vous nous reviendrez. Bonne chance, le destin de beaucoup dépend de vous deux. Namarië. »
Elles acquiescèrent d´un signe de tête, et Narhith dut se mordre les lèvres pour ne pas sauter au cou de son père. Qu'il est difficile de se séparer de ceux qu'on aime pour aller vers une mort presque certaine ! Mais elle ne dit rien, et Eliniel vit la détresse de son amie. Celeborn caressa l'encolure des chevaux, puis s'écarta.
« Partez. Il n'est pas bon de faire durer les adieux. Encore une fois, je vous souhaite bonne chance. »
Et il disparut sous les arbres. Narhith laissa les larmes qui piquaient ses yeux couler sur ses joues. Eliniel lui prit doucement la main. Narhith la regarda dans les yeux, à travers un rideau de larmes, et elle ne put s'empêcher de sourire. Le regard de son amie ne pouvait laissait triste, et ses beaux yeux verts apaisaient quiconque les regardait. Elle lui souriait gentiment.
« Nous devons partir, maintenant. Pado, Lanthir ! »
Le cheval obéit et partit tranquillement au pas. Eliniel se retourna. Derrière elle, Narhith avait relevé la tête, et son expression était déterminée. Elle sourit à celle qu'elle appelait sa petite soeur. Et elle cria soudain :
« Noro, Lach ! »
L'animal fit littéralement un bond en avant et obéit de bon c½ur à sa cavalière. Il partit tel une flèche, et Eliniel ne put s'empêcher de se sourire à elle-même. Décidément, son amie avait vraiment le caractère d'une guerrière. Ses propres adieux à Thranduil s'étaient déroulés à peu près de la même manière, et elle n'en attendait pas moins de son amie. Narhith était déjà hors de vue, et elle donna une petite tape à son cheval.
« Ca te dit une petite course ? Je crois que notre amie veut dépenser sa peine dans un galop. On la rejoint ? »
Lanthir hennit de plaisir, se cabra, et dans un cri de joie d'Eliniel il partit au grand galop.
Celeborn les regarda traverser la forêt à pleine vitesse, riant et criant.
Il est bon qu'elles puissent rire maintenant. Elles n'en auront plus souvent l'occasion, je le crains.
Et il se détourna pour retourner au palais.
Dans les arbres de la frontière, Haldir et ses deux frères, Rùmil et Orophin, virent passer sous eux les deux cavalières. Ils les regardèrent quitter le Bois Doré, et Orophin soupira.
« En voilà deux qui vont nous manquer. »
- Oui, maintenant nous risquons de nous ennuyer, reprit Rùmil. On n'attrapera pas d'orcs aujourd'hui, elles les auront tous fait fuir avec leurs cris !
Haldir resta silencieux, et suivit les deux chevaux des yeux jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans le lointain.
Narhith tira sur les rênes de Lach. Elle se tourna, et vit qu'Eliniel l'avait rattrapée. Elle arrêta Lanthir à côté de son amie. Elles se sourirent. A quelques jours de route devant elles, Imladris les attendait. Soudain le poids de leur décision se fit sentir sur leurs épaules, et elles surent que leur protection de la Communauté ne serait pas chose aisée.
Leurs visages tendus se tournèrent une dernière fois vers le paysage rassurant et serein de la Lothlorien. Chacune d´elles voulait garder dans sa mémoire cette vision de plénitude, comme pour ne pas penser à l´inquiétude et à la tristesse qui les envahissaient peu à peu. Les jeunes filles jetèrent un dernier regard d'adieu pour Celeborn et Galadriel, puis prirent au grand galop le chemin de Fondcombe.
Au bout de deux jours, les jeunes elfes décidèrent de faire une pause pendant la nuit, près d´un lac, pour que les chevaux puissent se reposer et s´abreuver.
Durant ce trajet aucune des deux n'avaient dit un mot, tant elles étaient plongées dans leur réflexion.
Narhith était seule près du feu, du fait que Lin s'était éloignée. Ne la voyant pas revenir, elle décida d'aller la rejoindre.
Celle-ci était assise sur une pierre, près du lac. Absorbée dans sa méditation, elle ne prêtait pas attention au doux spectacle de la lune qui se reflétait à la surface . Comment aurait-elle le courage de mener à bien sa mission ? Pour la première fois de sa vie, elle se sentait assaillie par le doute . Elle qui avait espéré une existence paisible, la voilà tout d'un coup en charge de la vie de neuf êtres ! Serait-elle capable de trouver en elle assez de force pour ne pas faillir ?
Tout d'un coup le fil de sa pensée fut interrompu par un léger bruit derrière elle. D'instinct, elle porta sa main sur son épée elfique, prête à frapper un éventuel intrus. Elle l'entendait . il était tout prêt à présent .
Brusquement, elle se leva et brandit son arme devant l'opportun. Narhith se pencha juste à temps pour éviter de recevoir la lame de l'épée :
« Lin ! Ce n'est que moi !
- Nan ! Oh pardon mon amie ! Je suis désolée ! Je ne pensais pas que ça serait toi !
- Ce n'est pas grave ! Au contraire, tu as eu le bon réflexe : celui d'une guerrière. Bien que . je n'aurais sans doute pas apprécié le fait d'être coupé en morceaux . »
La chute fit rire les deux amies et l'inquiétude qu'elles éprouvaient se dissipa quelque peu. Eliniel en profita pour demander :
« Penses-tu vraiment que je sois prête pour cette mission ?
- Bien sûr ! Tu es une combattante hors pair ! Pourquoi poses-tu donc cette question ?
- Si je n'étais pas à la hauteur .
- Arrête, l'interrompit avec douceur Narhith. Tu es tout à fait capable de le faire. Galadriel et Celeborn ont confiance en toi. J'ai confiance en toi.
- Hannon le, mellon nin, répondit Lin. » Elle n'avait plus aucun doute et ferait tout pour que cette mission se passe bien.
Les deux amies s'enlacèrent et retournèrent vers le campement, pour trouver un repos réparateur, puis repartirent au petit matin :
« Dépêchons-nous, il ne reste plus qu'une journée pour rejoindre Fondcombe, lança Eliniel après avoir scruté l'horizon. »
Effectivement, le lendemain matin, à l'aube, la cité d´Imladris fut en vue. Comme toujours lorsqu´elles arrivaient en ces lieux, Nan et Lin étaient émerveillées par les paysages idylliques qui s´ouvraient devant leur yeux : comment imaginer par la suite que le mal grandissait ?
Sitôt arrivées, les deux jeunes guerrières furent accueillies par un garde qui leur demanda de le suivre avec discrétion. C´est donc couvertes et encapuchonnées de leur manteau elfique qu´elles furent conduites dans une salle. Dès que le petit groupe fut entré et que le garde eut refermé la porte, le seigneur Elrond les rejoignit dans la pièce. Les elfes se découvrirent.
« Maraurë, jeunes elfes. J'espère que vous avez fait bonne route, dit Elrond.
- Oui, merci seigneur Elrond, répondit Narhith. Nous supposons que vous savez pourquoi nous sommes ici ...
- En effet, puisque c´est avec Celeborn et Galadriel que j´ai pris cette décision, révéla-t-il. Vous ne resterez hélas que très peu de temps, car la Communauté prend la route demain matin : je les ai retardé pour que vous partiez ensemble. Je vous demanderais durant ce jour d´être le plus discrètes possible sur le motif de votre venue à Imladris.
- Bien seigneur. Mais aucun membre ne pourra être au courant, au moins pour nous donner des nouvelles de la communauté ?
- Justement, je voulais vous en parler. Un des membres sait que vous les suivrez pour veiller sur eux. Il sera chargé de faire la secrète liaison entre vous et la communauté. Nous l´avons choisi car c´est le seul qui vous connaisses.
- Alors ce doit être le prince Legolas de la Forêt du nord, fit Lin en souriant.
- Effectivement, dit Elrond. Maintenant, allez prendre un peu de repos avant votre départ. Un garde vous conduira dans vos appartements. Vous n´avez, pour plus de discrétion, qu´une seule chambre pour vous deux. »
Il se retira après leur avoir adressé un signe de tête bienveillant.
Eliniel et Narhith furent emmenées par le garde qui les avait accueillies dans une chambre assez spacieuse, décorée avec charme, où se trouvaient deux lits, une armoire et une table en bois accompagnée de deux chaises. Elles étaient en train de sortir quelques affaires, quand de discrets coups résonnèrent sur le bois de la porte, qui s´ouvrit. Elles se retournèrent pour voir Legolas entrer, et l'accueillirent avec un sourire.
Il prit la parole :
- Vous avez fait vite pour arriver de Lorien. Vous venez de voir le seigneur Elrond si je ne me trompe. Il a confiance en vous ... et moi aussi.
- Merci, lui répondit Lin. Nous ferons tous pour que vous ayez la vie sauve, toi et tes compagnons.
- Je n´en doute pas. Je ne vais pas vous importuner plus longtemps mes amies. Bonne chance.
- A vous aussi, dit Narhith. »
Le lendemain matin, Narhith et Eliniel étaient prêtent à partir, chacune sur son cheval. Elrond vint les rejoindre quelques instants :
« Faites attention, comme vous protégez les membres de la communauté, le danger vous guette également. Votre mission est très importante, mais j´ai confiance en vous, guerrières. Qu' Elbereth vous protège et que la bénédiction des elfes soit sur vous. »
Il les quitta après un dernier adieu. Les deux jeunes elfes purent alors voir la communauté au grand complet : les quatre hobbits, les deux hommes, le nain, l´istari et l´elfe. Ce fut ensuite à eux qu´Elrond souhaita « bon voyage » et demanda d´être prudent. Ils prirent enfin la route, Frodon en tête. Alors, les deux elfes commencèrent leur discrète protection, et les suivirent sans bruit.
Plusieurs jours avaient passés. Les deux guerrières avaient suivis la Communauté sur son chemin, restant à bonne distance derrière elle. Legolas venait parfois les voir la nuit, prétextant aller vérifier qu'aucun danger ne rôdait aux alentours. Sa compagnie les soulageait, et il les tenait au courant. Ainsi, elles purent suivre aisément la lente possession de Boromir par l'anneau. Un soir, dans les roches de la route vers le sud, alors qu'elles étaient assises aux creux de deux rochers, Legolas vint leur parler de Boromir.
« Il est bon, chuchota Legolas. L'anneau est vil, il profite de lui. Je sais que son intention est de sauver son peuple, mais l'anneau le corrompt.
- Et l'on ne peut empêcher cela ? Demanda Narhith.
- Non, c'est presque irrémédiable. Mon père m'a raconté comment l'Anneau avait pris possession d'Isildur. Je crains pour Frodon.
- Je ne sais pas.
Elle baissa la voix, car Eliniel s'était endormie.
- Je crois que Frodon pourra justement mieux résister qu'Isildur, car il n'a pas d'ambitions aussi grandes.
- Nous le saurons bien assez tôt, mais pour l'instant je ne sens rien de mauvais dans le c½ur du hobbit. C'est vraiment Boromir qui m'inquiète.
- Peut-être devrais-tu en faire part à Estel ?
- Il le sait, il l'a deviné lui aussi, soupira Legolas. Je dois partir, je ne peux rester loin trop longtemps.
Il se releva en silence, mais Eliniel se réveilla soudainement et agrippa doucement sa tunique, le forçant à se baisser. Elle lui souffla :
- Demain, surveille bien le ciel.
Legolas acquiesça, et repartit en direction du campement où se reposait la Communauté. Depuis longtemps, il avait appris à faire confiance aux sentiments de sa jeune cousine. Il était rare qu'elle se trompe.
Le lendemain après-midi, Boromir décida d'apprendre aux hobbits à se battre avec leurs épées. Ils ne se débrouillaient pas trop mal, et Aragorn leur donnait des conseils tout en mâchonnant sa pipe. Gandalf méditait sur un rocher, et Gimli ne savait que faire d'autre que de parler à Gandalf. Frodon était perdu dans ses pensées et Sam faisait cuire de la viande sur un petit feu. Legolas passa devant Gandalf et Gimli, et scruta le ciel. Les paroles de sa cousine ne le quittaient pas. Soudain, un étrange nuage se dessina dans le ciel. Il força sa vue puissante autant qu'il le pouvait. Ce qu'il vit lui donna des frissons : Des Crébains du pays de Dun ! La communauté n'eut que quelques instants pour se cacher de la vue des volatiles, espions de Saroumane. Sur ordre de Gandalf la communauté emprunta le Col de Caradhras. Malheureusement, Saroumane déclencha une tempête qui les obligea à passer par le chemin que l'istari redoutait tant : les mines de la Moria.
Narhith et Lin arrivèrent devant les mines et furent stupéfaites de ce qu'elles voyaient : l'entrée était en ruine.
« Nous ne pouvons entrer par ici, il faut passer par le haut !
- On ne pourra pas suivre la communauté . Ce n'est pas possible . Qui aurait pu prévoir que ce monstre était tapi dans le lac !
- Ne restons pas ici . Nous ne pouvons rien faire maintenant : la communauté est seule, soupira Nan. »
Le regard de Lin se plongea dans le sien . Après un bref hochement de tête, Narhith murmura :
« Oui, je le sens aussi . Une ombre me hante . Cet endroit cache un danger . »
Les deux amies se regardèrent en silence devant la situation qui se présentait : elles ne pouvaient protéger les neufs compagnons et un danger les attendait dans ces mines.
« Partons, dit simplement Narhith. »
Six jours s'étaient écoulés depuis l'épisode sombre de la Moria. Narhith et Eliniel avaient retrouvées la communauté dès sa sortie des mines.
Elles étaient toutes deux dans un état de profond abattement : Gandalf le Gris avait basculé dans l´ombre. Tout en suivant de loin les autres membres, elles parlaient :
« Nous aurions dû éviter cela . dit dans un soupir Narhith.
- Ce n´est pas de notre faute. Ce balrog était bien trop puissant pour nous, nous n´avons rien pu faire : seul Mithrandir aurait pu ... dit Eliniel.
- En effet, il n´y avait que lui, répéta Narhith, à demi convaincue. Mais, je ne comprends pas, Mithrandir est un Istari : il aurait pu vaincre le Balrog de Morgoth ... »
Elle se tut car ils arrivaient tous, elles et la communauté, à leur nouvelle destination : la Lorien ! L´idée de revoir des visages connus et bienfaisants leur réchauffa le c½ur.
Après avoir appris que les huit membres de la Communauté passaient la nuit sur place, elles furent immédiatement convoquées par Celeborn et Galadriel :
« Maraurë. Comment vous sentez vous ?
- Mal seigneur, avoua Eliniel, nous n´avons pas pu sauver Gandalf le Gris ...
- Il ne faut pas vous sentir responsable de cette disparition : comme nous l´avons dit à la Communauté, nous ignorons encore quel était son destin ..., dit avec calme la Dame de Lumière. Nous sommes fiers de vous et de votre engagement. Allez vous reposez et cessez de vous tourmenter ; vous n´êtes pas obligées de vous cacher aujourd´hui. »
Après cette brève conversation, les jeunes filles se sentirent mieux et décidèrent de faire selon leurs envie pendant cette courte période de calme.
Alors qu'elles discutaient, elles virent approcher deux silhouettes. Eliniel poussa un cri de joie en se jetant dans leur bras :
- Elladan ! Elrohir ! Vous êtes ici ! C´est merveilleux !
Les jumeaux saluèrent les deux jeunes elfes en leur demandant de leur nouvelle. A ce moment, un elfe apparut et demanda à Narhith de le suivre. Après un signe de tête amical envers les trois comparses, elle le suivit.
- Que fais-tu ici, enfant des étoiles? Demanda Elrohir.
- Oh ... Je viens rendre visite à Narhith ..., mentit-elle.
- Tu est de plus en plus jolie, dis-moi ... constata Elrohir. A faire pâlir de jalousie notre soeur Arwen.
- Han ... Hannon le, balbutia-t-elle en rougissant de confusion.
A ce moment, un elfe arriva en courant pour dire à Elladan de le suivre : son cheval avait été effrayé et il ne se calmait pas :
« Pardonnez -moi, je vous retrouve tout à l'heure, dit-il en se dirigeant rapidement vers les écuries.
Eliniel resta donc seule avec Elrohir :
- Alors ... Et toi, que fais-tu ici, en Lorien ?
- Et bien ... Je voulais te voir à tout prix. On m´a dit que tu t'y trouvais sûrement, alors je suis venu avec Elladan.
- Il fallait que tu me voies ! Mais pourquoi donc ? demanda Eliniel.
- Pour ça, murmura-t-il en attirant son visage vers le sien.
Narhith, après s´être éclipsée, se dirigea vers le Celebrant, le Cours d'Argent : l'elfe lui avait dit que quelqu'un souhaitait la voir. Elle était plongée dans ses pensées lorsqu' elle entendit une voix derrière elle :
« Narhith, c´est toi ? »
Elle se retourna brusquement et vit devant elle un homme qui la regardait. A sa vue, elle se sentit chavirer, mais cacha du mieux qu´elle pu son trouble :
« Peleorn ! Mae govannen ! C'est toi qui voulais me voir ?
- Bonjour, je suis ravi de te voir Narhith. Oui c'est moi . C'est ici que l'on s'est rencontré .
- Oui, en effet, dit-elle en souriant. Tu viens nous rendre visite ?
- Effectivement. Même si je suis un humain, j´aime profondément la Lorien et le monde elfique. Je me sens bien ici, dit il. Je suis heureux que tu sois là, peut-être pourra-t-on faire enfin plus ample connaissance.
- Bien sûr, mais ... je pars demain pour ... aller à Fondcombe ! dit-elle précipitamment.
- Oh ... Alors dans ce cas, je ne te quitterais pas de la journée ! Ca ne te dérange pas ? demanda-t-il dans un sourire.
- Non, bien au contraire, répondit Narhith. »
Après avoir passé une douce journée calme et sereine, les deux amies offrirent des capes aux membres de la communauté (avec d´autres elfes et sans se dévoiler bien sûr !) , ce qui leur permit de les approcher de près, puis repartirent de la Lorien en suivant par les bois la communauté, qui elle était en barque. Après plusieurs jours sans encombres, elles entendirent Legolas s´inquiéter : il sentait quelque chose approcher.
- Il a raison. Je le sens aussi, un danger arrive ... murmura Lin.
Narhith acquiesça : la prudence était de mise. C´est avec tous les sens aux aguets qu´elles attendirent. De longues minutes passèrent dans un silence oppressant.
- Oh non, murmura Nan, regarde !
- Yrch, fit Eliniel d'une voix plus légère que le vent.
- Vite ! La communauté, souffla doucement Narhith.
Elles coururent en tirant plusieurs flèches qui atteignirent systématiquement le crâne des créatures croisées Orques et Gobelins. Dès que leurs carquois furent vides, elles engagèrent le combat avec leurs épées elfiques : elles tranchèrent des têtes, transpercèrent les corps ennemis avec rage. Le nombre d´Uruk Hais diminuait rapidement, lorsque soudain, un autre groupe arriva, beaucoup plus nombreux que le premier. Sans relâche, elles poursuivirent la bataille. Malheureusement, malgré leur talent de guerrières, les Uruk- Hais ne faiblissaient pas.
- Ils sont trop nombreux ! On ne pourra pas y arriver seules ! Cria Eliniel.
- Tenons jusqu´au bout, an Lorien ! Encouragea Narhith.
Tout d´un coup surgit devant Lin un Uruk-Hai qui la visait de son arc. Tout de suite après, celui-ci tomba mort, une flèche plantée dans son dos. Elle vit Legolas apparaître de derrière un arbre. Ils échangèrent un sourire. L´aide providentielle du prince n´était pas de trop ! Le combat continua encore mais le nombre d'attaquants ne semblait toujours pas diminuer. Brusquement des cris se firent entendre. Eliniel et Narhith tournèrent la tête pour apercevoir les fils d'Elrond et Peleorn qui venaient à leur tour d´entrer dans le combat. Finalement, les deux guerrières, Legolas, les jumeaux et Peleorn arrivèrent ensemble à bout de l´imposant groupe d´Uruk-Hais : le sol était jonché des corps des créatures. Soudain, un bruit sourd résonna par les bois :
- Le corps du Gondor ! dit Legolas en se tournant vers elles. Je reviens !
Et il partit en courant.
Narhith et Eliniel se tournèrent vers Elladan, Elrohir et Peleorn.
- Mais que faites-vous là tous les trois ? demanda la jeune elfe, étonnée.
- Et bien ... Nous avons demandé à Celeborn et Galadriel pourquoi vous étiez parties ensemble. Ils nous ont tout expliqué et nous ont même demandé de partir, au cas où notre aide serait la bienvenue, révéla Elrohir, serrant Eliniel tout contre son coeur.
- Et elle l´était, ajouta Elladan, vous avez failli mourir.
- Hannon le. Mais ... Je ne vous connais pas, dit Eliniel en se tournant vers l´homme.
- Mon nom est Peleorn. Je viens du Gondor. Je connais quelque peu Aragorn, Elladan et Elrohir, et je suis un ami de Narhith.
- Un ami ... dit en souriant Eliniel, qui aperçut le regard qu´échangeaient son amie et le Gondorien.
- Merci pour votre aide à tous les trois, dit Narhith en baissant la tête et en rougissant.
- Vous entendez ? Il n´y a plus aucun bruit, s´écria brusquement Elladan. Vite, allons voir !
Sans bruit, ils rejoignirent le second groupe : Gimli le nain et Legolas étaient là, debout. Leur visage était emplis de tristesse : Aragorn était agenouillé devant le corps sans vie de Boromir. Les deux guerrières ne purent retenir leurs larmes. Le Gondor venait de perdre l´un de ses fils.
Les trois membres de la communauté avaient regagné le bord de la rive. Legolas aperçut Frodon et Sam qui s´enfonçaient dans la forêt, sur la rive opposée. Aragorn lui dit alors qu´ils seront mieux seuls pour poursuivre leur quête. Soudain il se retourna et vit devant lui quatre elfes et un homme :
« Peleorn ! Elladan ! Elrohir ! Que faites-vous ici ? Et qui sont ces elfes ? demanda-t-il.
- Ces deux jeunes elfes se nomment Narhith et Eliniel, et sont envoyées pour protéger la communauté. Elles nous suivent en secret depuis notre départ de Fondcombe, pour veiller sur nous, avoua Legolas. J´étais le seul à le savoir.
- Quand à nous, dit Elladan, nous venons leur apporter notre aide.
- Oui ! Il me semble vous reconnaître jeunes filles ! Vous étiez là pour nous remettre les capes elfiques, s´écria Gimli, avec son inimitable accent.
- En effet, approuva Eliniel.
- Et bien ! Alors si vous deviez nous protéger, je vous demande d´accepter mes remerciements, dit Aragorn. Mais, pourquoi vous découvrir maintenant ?
- La communauté est dissoute. Nous avons jugé inutile de continuer à nous cacher. Mais nous continuons à veiller sur vous, cette fois-ci à vos côtés, répondit Narhith.
- Dans ce cas mes amis, allons sauver Merry et Pippin. Voyageons léger. Allons chasser de l´Orc ! dit Aragorn.* »
FIN DU PREMIER CHAPITRE !
Traduction Elfique/Français :
Boe ammen i dulu lin : Nous avons besoin de votre aide.
Namarie : Adieu.
Pado ! : Marche ! (Ici, Eliniel veut mettre Lanthir au pas.)
Noro ! : Cours ! (Ici : Au galop !)
Hannon le, mellon nin : Merci, mon amie.
Maraurë : Bonjour. (Tari = Je crois qu'il y a aussi Amarië mais j'ai hésité entre les deux . Que ceux qui ne se sont jamais trompé en traduction elfique me jette la première pierre !!)
Mae govannen : Heureuse rencontre.
Yrch : Des orcs
An Lòrien ! : Pour la Lorien ! (Tari = oki je sais que an c'est pour, afin de, mais j'ai pas trouvé comment dire autrement. Scuse me.)
A propos des noms des chevaux : Lanthir veut dire « chute d'eau » et Lach « flamme ».
