Chapitre 1
Aucun des persos ne m’appartient, ils sont à Tolkien mais ça je pense que vous le savez déjà… Lenwë m’appartient par contre.
Ah oui autre chose : fic plutôt déconseillée aux arachnophobes... mais bon c pa la mor non plu, hein…
bonne lecture !
Lenwë appuya son dos contre le mur frais. Cette nuit, il était de garde : depuis le lever des étoiles, il veillait devant la porte du Prince Legolas, blessé le matin même par les morsures sauvages de l’une des araignées géantes qui hantaient la forêt de Mirkwood. Thranduil, connaissant l’amitié qui liait son fils et le jeune garde, lui avait personnellement demandé de veiller sur son sommeil. Une marque de confiance qui n’était pas pour déplaire à Lenwë. Il ne put empêcher un petit sourire fier d’apparaître sur son visage, et s’autorisa à se relâcher un peu. La nuit serait longue.
Il s’assit en tailleur, le dos tout contre la porte de bois. Il pouvait ainsi entendre Legolas s’il avait quelque problème. Le jeune Elfe tira un court poignard de sa botte, et le fit tourner pensivement entre ses doigts. Il entrerai bientôt dans la chambre de Legolas pour vérifier que le poison disparaissait assez rapidement. L’araignée l’avait mordu plusieurs fois en quelques secondes, ne laissant pas au Prince le temps de réagir. Assommé par le poison, il était tombé de son cheval et l’araignée l’aurait emporté si Thranduil et les archers n’étaient pas intervenus assez vite. Pendant ce genre d’attaque, seule la rapidité d’action permettait de sauver des vies. Ils avaient eu de la chance que l’araignée soit seule cette fois. Ce n’était pourtant pas dans les habitudes des géantes de chasser ainsi. Toujours, elles se déplaçaient en groupe. Absorbé par ses réflexions, Lenwë ne sentit pas que la lame du poignard lui avait entaillé un doigt. Il s’en rendit compte lorsqu’une voix souffla méchamment : du sssssssang… ouiiii, du sssssssssang… faaaaaaaaaim…
Il se redressa brusquement, et saisit la poignée de son épée. Il resta immobile de longues minutes, mais plus un bruit, plus un souffle ne lui parvint. Il se relâcha, se disant que ce n’était que le fruit de son imagination. Il devait sûrement commencer à rêvasser. Veiller à la bonne guérison de son ami le Fils du Roi était certes un honneur, mais il commençait à s’ennuyer … Rengainant le poignard de peur de se blesser encore par inadvertance, le jeune garde prêta l’oreille aux sons du dehors. On chantait sous les arbres. Visiblement, certains rêveurs ne pouvaient trouver le sommeil cette nuit. Il eut une grimace désolée. Le Seigneur Glorfindel, de passage à Mirkwood, avait promis de leur apprendre d’anciennes méthodes de combat. Cette nuit. Mais c’était avant que Legolas ne parte à cette chasse qui avait failli lui être fatale : les chasseurs, avec Thranduil et le Prince, avaient poussé leurs chevaux au plus profond de la forêt. Alors que Legolas prenait la tête du groupe, un archer s’était approché du Roi : « Sire, il y a quelque chose de mauvais ici…nous devrions passer au loin de cet endroit… » Thranduil avait approuvé sa prudence, et sifflé brièvement pour alerter Legolas. Mais alors que celui-ci stoppait son cheval et se retournait, le Roi avait vu une grande ombre dans les arbres au dessus de son fils. Sous ses yeux horrifiés, une énorme araignée noire et grise, repoussante, gluante et affamée s’était laissée tomber sur son fils et l’avait sauvagement mordu plusieurs fois. Legolas, étourdi par le choc, nauséeux, était tombé de son cheval. Thranduil et les archers avaient immédiatement tiré et hérissé la bête de leurs flèches, mais Legolas ne s’était pas relevé. Voyant son fils inerte, le Roi furieux et inquiet avait pressé son cheval de galoper vers la forme pâle étendue à terre. Sans s’arrêter, se penchant sur le flanc de son cheval, il avait saisi d’une main son fils par la taille, et l’avait vivement ramené à lui. L’araignée s’était enfuie, blessée, ivre de rage et de vengeance, bavant et chuintant. Affamée et furieuse, elle aurait dévoré Legolas vivant s’il n’avait pas été accompagné.
Lenwë frissonna à ce souvenir. Le poison en lui-même n’était pas très dangereux à petite dose… mais les multiples morsures noires et rouges qui marquaient maintenant la chair de l’Elfe rescapé laissait deviner sans peine la quantité de poison qui y grouillait encore. La vision de son ami, immobilisé dans un cocon, et regardant les yeux grands ouverts l’araignée le dévorer lentement, s’imposa à son esprit. A ce moment il sentit un souffle glacé faire flotter ses cheveux. La nuit apaisante se fit ombre menaçante. Il serra la poignée de son épée, mais se traita mentalement de sot. Le palais était bien gardé, et la seule présence de Glorfindel et Thranduil dans les chambres voisines suffisait à écarter tout danger.
Pourtant, Lenwë sentait une sorte de présence mortelle autour de lui. Dans le silence oppressant, les battements de son cœur résonnaient comme des tambours affolés. Les chants s’étaient tus, et son souffle se glaça sur ses lèvres pâles…
