Ce matin la, Mélia Sae’drim préparait ses affaires pour
partir en voyage, elle allait quelques temps à Eauprofonde pour voir
une vieille amie, Tiala Sehvyn, une magicienne qu’elle avais rencontré vingt
ans plus tôt, alors qu’elle était encore une aventurière
qui parcourait les royaumes du Cormyr aux jungles du Chult.
Elles s’étaient rencontrée à Evereska précisément, elles étaient toutes deux à la poursuite d’un même voleur qui sévissait à l’époque dans la région d’Eauprofonde, il était tellement doué qu’il avait même réussi à dérober un lit entièrement en or à un riche marchant, pendant son sommeil. Les deux aventurières s’étaient associées pour le coincer, mais le voleur avait préféré se suicider plutôt que de se rendre. Mais ceci était le passé pour Mélia, à présent, elle était devenue une noble respectée d’Eternelle Rencontre, elle jouissait d’une excellente réputation jusque dans la famille royale, on raconte qu’elle aurait eu quelque liaison avec le prince, mais rien ne fut jamais prouvé, pour le bien des deux personnes.
Elle était donc ce matin là, en plein dans les préparatifs de son voyage, elle ne voulait pas emporter trop d’affaires, voulant voyager léger. Elle n’eut donc besoin que de dix serviteurs pour porter ses cinq malles de vêtements et de deux autres pour porte ses bijoux. Quelques heures plus tard, elle était enfin prête, et allait partir au port quand quelqu’un frappa à la porte.
- Damnation, je suis en retard, qui donc peut bien frapper à la porte, toute l’île sait que je m’en vais !
Elle se dirigea vers la porte et l’ouvrit. C’était Eirki Casaiaith un de ses nombreux amants, en plus d’être un barde dont le talent était si grand que lui seul était capable de s’en rendre compte, Mélia avait rompu avec lui une semaine plus tôt, mais il semblait ne pas avoir comprit qu’elle ne voulais plus le voir et il la harcelais depuis lors pour qu’elle lui accorde une dernière nuit aussi intense que celles qu’ils avaient passés ensembles les mois précédents, (le terme intense était de lui, mais si Mélia l’avait quitté, c’était justement parce qu’il l’ennuyais fortement la nuit comme le jour ).
- Eirki ! ! Mais que fais donc tu là ? Tu sais très bien que
je quitte l'île pour quelques temps, ne me dit pas que tu viens encore
me supplier ! C’est fini entre nous, tu es un piètre amant et
sur ce, je dois te laisser si je ne veux pas que le bateau parte sans moi.
- Mais... commença t’il.
- Il n’y a pas de mais, retourne chez toi, prend un bain et s’il
te plaît, n’en sort pas avant que je sois partie.
Elle ferma la porte au nez de son soupirant. Elle attendit ensuite que le barde soit parti puis elle quitta la maison, congédiant les serviteurs qu’elle n’emmenait pas, et prit la direction du port.
Une dizaine de minutes plus tard, elle arriva au port ou l’attendait un magnifique bateau, fait de bois blanc. Elle avança sur la passerelle, manquant de tomber à l’eau avec le remous, puis arriva enfin sur le pont où elle fut accueillie par un elfe d’assez forte corpulence.
- Bienvenue sur le «Lamelune» mademoiselle Sae’drim, je suis honoré ainsi que mon équipage, d’avoir une personne aussi belle que vous a bord.
Le bateau s’appelait Lamelune en rapport avec l’épée que portait le capitaine, une des lames de lune, des armes qui se transmettaient de générations en générations dans les familles nobles des elfes de la lune, elles avaient été crées à l’origine à Mith Drannor pour choisir les roi d’Eauprofonde, car ces épées avait le pouvoir de refuser un porteur, ce qui permettait qu’elle ne puisse être portée que par une personne voulant faire le bien.
- Vous me flattez capitaine, mais vous êtes non moins célèbre
que moi, dans un tout autre registre bien sur. Qui sur l’île,
n’a jamais entendu parler des voyages Koeh’til Laraefel, le grand
et fort capitaine du Lamelune.
- Il me semble que vous-même n’ayez pas toujours été une
femme de la cour, n’est ce pas Mademoiselle, n’est ce pas vous
qui avez vaincu un sorcier rouge avec votre groupe d’aventurier il
y a cinquante ans ? Je suis un de vos plus fervents admirateurs, Mélia
la guerrière.
- Mon ancienne vie n’est pas un secret, ravi que cela vous intéresse,
mais ce temps est révolu, pourriez vous me montrer ma cabine maintenant
?
- Avec plaisir, mademoiselle, Jaia, mon fils va vous y conduire, puis il
aidera vos serviteurs a y rentrer vos bagages.
Ils se saluèrent et Koeh’til retourna à ses occupations, tandis que Mélia suivait Jaia. Vingt minutes plus tard, les amarres étaient larguées, Mélia était debout à la proue et observait la mer infinie qui s’étendait devant elle, un sentiment de liberté l’envahissait en voyant cet espace sans limites. Apres avoir fini ses travaux de la journée, Jaia s’approcha de Mélia, qui était plongée dans ses pensées, sa discussion avec le capitaine lui avait fait remonter une tonne de souvenirs.
- M’dame Sae’drim ?
- Oui mon garçon ? Que puis-je pour toi ? Dit-elle, encore distraite.
- J’ai entendu votre discussion avec père tout à l’heure,
vous savez, je ne quitte pas souvent le bateau, et je n’ai jamais vu
l’intérieur des terres, j’aimerais que vous me racontiez
une de vos aventures, s’il vous plaît.
Mélia sourit à la demande du jeune elfe, il avait à peine quinze ans et il arborait un sourire angélique.
- Bien sur, comment pourrais-je refuser une demande si gentiment posée.
Je vais te raconter une de mes aventures, mais avant cela, allons manger,
va prévenir ton père que tu dîneras dans ma cabine ce
soir, dis lui aussi de venir si l’envie lui prend.
- D’accord m’dame, c’est vraiment bien gentil de votre
part, je vous rejoins dans votre cabine dans dix minutes, a tout d’suite.
Le jeune garçon couru vers l’autre bout du bateau rejoindre son père et Mélia retourna à sa cabine, elle aimait l’innocence du garçon. Dix minutes plus tard, une grande table avait été dressée dans les appartements de la belle noble pour elle, ses serviteurs, le capitaine et son fils. Pendant le repas, des discussions sur beaucoup de sujets bien différents furent abordés, sur la vie à Eternelle rencontre, la vie en mer, les nouvelles d’ici et d’ailleurs, et une heure plus tard, le repas se terminait. Mélia envoya ses serviteurs vers la cabine qui leur avait été donnée et elle resta seule avec Jaia, son père étant reparti avec son équipage.
- Alors, voici enfin le moment pour moi de te raconter une aventure.
- Oh ! Oui mademoiselle, ça m’ferais bien plaisir.
- D’accord, je vais te raconter mon voyage au Chult, une jungle du
sud, où il existe des gobelins cannibales et des hommes encore sauvages.
Jusque tard dans la nuit, elle lui décrivit ses mésaventures au Chult, et quand elle eut fini, l’enfant était à moitié endormi.
- Allez petit, il est tard, rejoins ton père, tu as besoin de sommeil.
- Oui m’dame, a demain.
L’enfant sorti et Mélia se coucha, avoir parlé lui avait fait du bien. Le reste du voyage se passa sans encombres et sept jours plus tard, ils entraient dans le port d’Eauprofonde. Sur le quai, un serviteur de Tiala l’attendait avec un carrosse. Mélia le reconnu, c’était le petit frère de son amie. Quand elle mit pied à terre, l’homme la salua :
- Bienvenue à Eauprofonde, dame Sae’drim.
- Heureuse de te revoir Keldorn, cela faisait bien longtemps.
- Trop longtemps, je ne comprendrais jamais pourquoi tu préfère
vivre sur ton île plutôt que de continuer les aventures avec
nous,
tu dois bien t’ennuyer.
Puis il se tourna vers un groupe d’homme derrière lui :
- Chargez les affaire de madame à l’arrière du carrosse.
- Oui seigneur. Répondit l’un d’eux.
- Mélia mon amie, je crois que Tiala nous attend, allons donc la rejoindre,
déclara t’il souriant.
- Avec plaisir, il me tarde de la revoir, après tout ce temps, elle
a du changer.
Ils entrèrent alors dans le carrosse et prirent la direction de la
demeure des Sehvyn, dans la rue, les passants se retournait pour regarder
la beauté de Mélia, il était rare de voir d’autres
elfes que des aventuriers dans la ville, ils étaient habituellement
hostiles envers les humains et les autres races.
Quelques minutes plus tard, le carrosse s’arrêtait devant une
grande maison, la demeure de Tiala. Laissait à leurs serviteurs le
soin de décharger les bagages et de les monter dans la chambre de
la courtisane, Mélia et Keldorn pénétrèrent dans
la propriété.
Ils avancèrent dans le jardin qui était tout aussi fleuri que
ceux d’Eternelle Rencontre, les fleurs multicolores étaient
disposées de telle façon a former de blason de la famille de
Tiala. Puis il entrèrent dans la demeure même, le hall était
gigantesque, et des armures étaient disposées tout autour de
la pièce circulaire.
Au centre de la pièce attendait une femme magnifique, elle avait soixante
ans, ce qui était assez âgé pour une humaine, mais elle était
très bien conservais et faisait encore beaucoup d’effet aux
nobles d’Eauprofonde.
- Mélia ! ! Enfin ! ! Il me tardait de te revoir ! Tu ne peux pas
savoir comme je suis heureuse de te retrouver.
- Le bonheur d’être à nouveau réunies est énorme
pour moi aussi Tiala, mais je suis épuisée par le voyage, tu
m’excuseras, mais je dois me reposer.
- Je comprend, d’ailleurs, tu dois reprendre des forces, demain soir,
tu m’accompagne à un bal, tu pourras montrer aux hommes du coin
la beauté d’une ex-aventuriere.
- Et bien, je quitte les bals de mon île pour ceux de ta ville, enfin,
si tu veux.
- Bien, suis moi, je vais te montrer ta chambre.
Les deux femmes montèrent l’escalier puis traversèrent un couloir et s’arrêtèrent enfin devant une porte de bois incrustée de pierres précieuses.
- Voici ta chambre, c’était celle de ma mère, c’est
la plus belle de la maison après la mienne, j’espère
qu’elle te plaira. Tes bagages ont déjà été montés.
- C’est parfait merci.
Tiala se retira et mélia entra dans sa chambre. La pièce était magnifique, aucune des nombreuses chambres de nobles d’Eternelle Rencontre excepté celle du roi, n’arrivais à la cheville de la beauté de celle-ci. Le lit était en bois massif, incrusté de diamants et les draps étaient en soie blanche. Apres être resté plusieurs secondes a contempler la pièce, Mélia s’assit sur son lit puis s’effondra de fatigue.
Quand elle se réveilla le lendemain, le soleil était déjà haut dans le ciel. Elle se leva, s’étira puis alla examiner sa penderie. Toutes ses robes y avaient été accrochées. Elle prit une robe de soie rouge moulante qu’elle enfila, mis des chaussures à talon noires puis sorti de sa chambre, elle était tellement resplendissante que les serviteurs qu’elle croisait étaient ébahis devant sa beauté, elle était encore plus belle que la maîtresse de maison.
Elle descendit dans le hall et demanda à une femme de ménage qui nettoyait le carrelage où se trouvais Tiala. La servante lui indiqua une porte à droite de l’escalier :
- Dame Sehvyn, est dans le salon, elle prend son petit déjeuner et
vous attend, madame Sae’drim.
- Merci bien, répondit elle.
Mélia se dirigea vers la pièce que lui avait indiquée la servante et ouvrit la porte. A l’intérieur, se trouvaient Keldorn, Tiala et un autre homme, un noble de la ville songea la courtisane.
- Ah ! Mélia, joins toi à nous, dit Tiala, nous parlions de
monter te chercher, nous avons des courses a faire pour ce soi. Je te présente
Gaelan Iroys, un marchand de vin d’Evereska et très grand ami.
- Enchanté maître Iroys.
- Tout le plaisir est pour moi, ce n’est pas tous les jours que l’on
rencontre de si belles femmes que vous. A part bien sur dame Tiala, dit il
avant qu’elle ne put réagir a sa provocation.
- Gaelan, mon cher, pourriez vous nous laisser ? Vous pourrez exercer vos
talents de séducteur ce soir au bal, pour le moment, nous aimerions être
entre nous.
- Bien sur ma dame, je ne voudrais pas vous déranger plus longtemps
; A ce soi belle mélia, dit-il en sortant.
- C’est un séducteur, mais un ami fidèle, enfin il nous
laissera tranquille jusqu'à ce soir. Déjeune vite Mélia,
nous allons vider les boutiques d’Eauprofonde.
- Et bien, moi qui étais venue prendre du repos.. Laisse moi le temps
de souffler quand même, dit-elle en riant.
- C’est vrai, je suis désolé, mais c’est le bonheur
de te revoir, je suis nerveuse. Bon, je vais me changer, et on y va d’accord
?
- ... D’accord, je me rattraperais sur le dîner. Vas vite te
changer.
Tiala quitta la pièce tandis que mélia buvait son thé.
Vingt minutes plus tard, elle redescendit, elle était
presque aussi belle que mélia, elle s’était vêtu
d’une robe blanche moulante qui mettait ses formes en valeur et laissait
ses cheveux noirs tomber dans son dos.
- Tu es prête ? Demanda t elle joyeusement.
- Oui, répondit Mélia, nous pouvons y aller. Où allons
nous donc ?
- Où nous allons ? ! Mais nous allons faites Toutes les boutiques
de la ville bien sur !
Elle passèrent la journée à chercher des vêtements
pour le bal, croisant des dames nobles de Cormyr affairées aux mêmes
occupations et la journée passa très vite ainsi. Une heure
avant la soirée, elles étaient fin prêtes, chacune était
dans sa chambre à se préparer. Mélia avait choisi une
robe bleu marine avec des ouvertures qui dévoilaient ses cuisses et
son dos était découvert. Ses cheveux blonds étaient
regroupés en une longue tresse qui descendait jusqu’au niveau
de ses hanches. Elle portait comme toujours des talons hauts. Tiala elle
avait opté pour une robe longue rouge qui recouvrait son corps et
ne laissait apparaître que son visage angélique et ses avant-bras,
ce qui ne l’empêchait pas d’être superbement séduisante.
Elles se rejoignirent dans le hall où les attendait Keldorn, qui était
vêtu d’un pantalon bleu et d’une chemise blanche. Il partirent
pour la soirée.
Il faisait nuit quand ils arrivèrent dans la maison de Kerdu Salycc,
un riche marchand qui organisait cette soirée. Tous les nobles et
marchands de la ville étaient présents, ainsi que quelques
aventuriers ou bardes venus raconter leurs aventures et chanter des balades
et surtout pour se nourrir à volonté.
La soirée était bien avancée, et Mélia avait reçu des avances de quelques vingt hommes quand elle se fit aborder par un barde.
- Bonjour mademoiselle, je me nomme Koryu Feream, me ferez vous l’honneur de cette danse ?
- Avec plaisir maître barde, mais depuis quand les troubadours accostent
ils les nobles dames ?
- Pardonnez mon impolitesse, mais, j’aurais été triste
de ne pas pouvoir vous «accoster ».
- Allons mon bon barde, vous vouliez danser, non ? Alors allons-y.
- Mon cœur s’en réjouit d’avance.
Ils dansèrent pendant plus d’une heure sans s’arrêter,
les yeux dans les yeux, sans s’en rendre compte, Mélia tombait
amoureuse du barde. Et cela semblait réciproque. Au bout d’une
heure ils durent finalement s’arrêter, sinon ils se seraient
effondrés de fatigue. Koryu proposa alors à Mélia de
l’emmener chez lui, et elle accepta malgré elle. Il entrèrent
donc dix minutes plus tard dans la demeure du barde. C’était
une maison modeste, mais confortable. Ils prirent d’abord une tasse
de thé dans le salon tout en discutant d’Eauprofonde et d’Eternelle
Rencontre, ce qui intéressait beaucoup Koryu, mais au court de la
conversation, ils se rapprochèrent l’un de l’autre et
leurs lèvres finirent par se frôler, puis ils s’embrassèrent.
Le barde porta sa conquête dans sa chambre, l’allongea dans son
lit et fit de même. Mélia savait que c’était un
homme et elle une elfe et que ça ne pourrais pas marcher entre eux,
mais elle l’aimait. Et ils firent l’amour toute la nuit.
Le lendemain, tôt dans la matinée, quelqu’un fit irruption
dans leur chambre :
- Koryu vite ! On a un problème, il faut... Ah ! Tu n’es pas
seul.
- Qu’y a t’il Garrick ? Demanda t il en se frottant les yeux.
- Et bien le «secret » a été découvert.
- En effet c’est contrariant... Il se tourna vers Mélia, ma
chère, je dois m’absenter, mais vous pouvez m’attendre.
- D’accord, je vais dormir encore un peu.
- A plus tard, dit-il en sortant, refermant la porte derrière lui.
Mélia se rendormit.
Une heure plus tard, quelqu’un frappa à la porte d’entrée.
Mélia attendit d’abord qu’un serviteur ou Koryu aillent
ouvrir, mais personne ne répondait, alors elle se leva et descendit
ouvrir. Quand elle ouvrit la porte, elle fut stupéfaite de voir qu’une
dizaine d’hommes en armure attendait dans la rue, bloquant toutes les
issues.
- Bonjour ma dame, je cherche Koryu Feream.
- Il est parti tôt se matin sans rien me dire, puis-je savoir pourquoi
vous le cherchez, demanda t elle, innocente.
- A qui ai-je l’honneur s’il vous plaît ?
- Je suis Mélia Sae’drim, je viens d’Eternelle Rencontre
et...
- Et vous avez rencontré Koryu Feream hier soir au bal chez le marchand
?
- Euh... oui, c’est cela.
- Madame Sae’drim, vous feriez mieux de nous suivre, nous avons beaucoup
de choses a vous dire, qui peuvent vous faire du mal.
- Mais... et si Koryu reviens entre temps ?
- Il ne reviendra pas, répondit le soldat, tournant des talons.
Mélia fut outrée par la façon dont le soldat lui parlais, mais elle se résigna sans dire mot à le suivre. Une demi heure plus tard, ils arrivaient devant un grand bâtiment gardé par cinq hommes, la salle de garde et la prison. Ils entrèrent puis traversèrent une longue série de couloirs et de salle pour finalement s’arrêter dans une pièce plus meublée que les autres, et qui comportait des fauteuils confortables et non des chaises en bois comme dans les pièces précédentes. Les soldats laissèrent mélia seul avec leur chef.
- Dame Sae’drim, comme je vous l’avais dit, j’ai des révélations
a vous faire, cela risque d’être très dur.
- Je vous écoute...
- D’accord, je vais donc prendre l’histoire depuis le début.
Il se trouve qu'il y a eu dans la ville depuis environ deux semaines une
série de meurtres, toujours de jeunes femmes, qui étaient la
plupart du temps suivi d’un raid du Zhentarim. Apres plusieurs jours
et nuits sans dormir a enquêter sur cette affaire, nous ne pouvions
toujours pas trouver le coupable et nous n’avions donc aucunes preuves
pour faire un lien entre
le zhent et les meurtres, mais hier, un messager nous a remis une lettre
anonyme qu’un homme lui avais demandé dans la rue de nous remettre.
- ....
- Je vois que vous commencez à comprendre. Je continue. Donc dans
cette lettre anonyme, on nous expliqua que peu avant le début des
meurtres, un certain Koryu Feream était arrivé en ville, un
barde. Nous avis donc enquêter sur lui et plusieurs témoins
ont avoués l’avoir vu sortir des soirées souvent accompagné d’une
dame, toujours différente. Et personne n’avait fait le lien
entre lui et ses victimes car il les ramenait chez elles et il payait des
témoins pour le couvrir. C’est pourquoi hier nous l’avons
fait suivre quand il est sorti avec une magnifique demoiselle : Vous.
- Je... je ne sais que dire.
- Je comprends votre désarroi, mais nous sommes nous mêmes,
très peinés de n’avoir pu le capturer, demain, il sera à Sombregarde,
de quoi avez vous parlés hier ?
- De rien d’important... quoi que... oui, il insistait pour que je
lui parle des pièges qui défendaient Eternelle Rencontre.
- Ah ! C’est mauvais signe ça. Que lui avez vous dit ?
- Tout ce que je savais sur le sujet : rien du tout, je ne suis pas intéressé par
cela.
- Vous avez bien raison, l’île est donc en sécurité.
Maintenant, voulez vous que je vous ramène la ou vous logez ?
- Chez dame Tiala Sehvyn, mais je vais rentrer à pied merci.
- Si vous voulez, encore une fois, je suis désolé d’avoir
du vous apprendre cela moi-même.
Le soldat accompagna Mélia jusqu’à l’a sortie
puis la salua. La courtisane avait réussi à contenir sa tristesse
devant le soldat, mais quand elle fut hors de vue du bâtiment elle éclata
en sanglots et courra à travers la populace pour rejoindre la demeure
de Tiala, trébuchant de nombreuses fois. L’homme dont elle était
tombée amoureuse ne l’avais jamais aimée en retour dés
le début, il voulait se servir d’elle, à ce moment, sa
tristesse n’avait d’égale que sa haine envers Koryu.
Quand elle arriva chez Tiala, celle ci avait été informée
par un messager de ce qui était arrivé à son amie.
- Mélia, je suis vraiment désolée... il paiera, ce
chien de zhentilar le paieras de sa vie.
- Pour le moment, je ne tiens pas à rester ici, je suis désolée
de te laisser, mais je tiens a repartir à Eternelle Rencontre aujourd’hui
même.
- Tu me manqueras, mais je comprends que tu doives être seule, je vais
dire à mes serviteurs de préparer tes affaires et je te conduirais
au port, le Lamelune part dans une heure, et il n’embarque rien donc
il pourra t’accueillir.
- Merci beaucoup.
Trois quarts d’heure plus tard, elles étaient sur le port et se faisaient leurs adieux.
- Je crois que je ne reviendrais pas Tiala, je ne quitterais plus Eternelle
Rencontre.
- Je comprends, je suis vraiment débordée de chagrin, j’aimerais
venir avec toi, mais jamais on ne m’accepterait la bas.
- Je sais...
Le capitaine annonçait le départ imminent.
- Je dois y aller...
- Adieux mon amie, je ne t’oublierais pas.
- Moi non plus, adieux.
Elles s’enlacèrent et se serrèrent fort pendant plusieurs
longues minutes. Puis mélia tourna des talons et monta dans le bateau,
elle se retourna et jeta un dernier regard à son amie avant de rentrer
dans sa cabine. Cabine de laquelle elle ne sortit pas durant tout le voyage,
elle ne mangeait presque pas. Le capitaine avait osé la déranger
une fois pour s’enquérir de son état, et elle le rejeta
brutalement, préférant rester seule dans son chagrin.
Lorsqu’ils arrivèrent à Eternelle rencontre, Mélia
prit la direction de sa demeure et s’y enferma, elle vécut seule
avec ses serviteurs, rejetant tous ses amants pendant neuf mois. Et le neuvième
mois, elle accoucha d’un garçon, elle avait réussi a
tenir secrète sa grossesse et la surprise fut de taille pour les habitants
de l’île, l’ex courtisane était maman. La naissance
de l’enfant lui dit d’abord remonter le souvenir de son père,
mais elle préféra oublier ça et plutôt aimer l’enfant,
ce n’était pas de sa faute, il n’avait pas choisi son
père. L’enfant fut nommé Sylfaën.
