L'Ombre du Tueur

C’était l’hiver, une immense nappe blanche
s’était étendu sur les environs d’Evereska et Eauprofonde.
Cette nuit la semblait paisible, mais c’était sans compter ces
trois ombres qui se faufilaient dans les rues d’Evereska sous le couvert
de l’obscurité, ils se dirigeaient vers l’échoppe
d’un riche bijoutier de la ville. C’était la nuit parfaite
pour cambrioler sa boutique, les habitants étaient cloîtrés
chez eux, repoussés par la nuit et le froid, et le propriétaire
é tait en voyage. Les voleurs étaient arrivés à la
boutique et celui qui devait être leur chef commença à crocheter
la serrure quand tout à coup, il entendit un bruit sourd derrière
lui et vit ses deux compères s’étaler sur le sol, inanimés.
Il se retourna doucement et vit devant lui une grande silhouette, dont la chevelure
blanche cavalait sur les épaules. Le voleur allait s’enfuit quand
un cimeterre s’enfonça dans sa gorge.

Sylfaën était arrivé en ville depuis trois
semaines, il avait loué une chambre dans une auberge modeste et méditait
sur ce qu’il allait faire à présent qu’il avait quitté
Eternelle Rencontre quand il eut vent que les autorités engageaient des
mercenaires. Il décida de sortir de ses réflexions et de passer
à l’action, il alla donc se présenter à la caserne
de la milice. Là, il fut accueilli par un soldat de forte corpulence.


-Que voulez-vous citoyen ?

-J’ai entendu dire que l’on recrutait des mercenaires, je viens
voir si le poste est libre.

-Entrez, demandez Avin Aersel, c’est le capitaine.

-Merci à vous.

Le demi elfe pénétra dans le bâtiment et
traversa plusieurs salles puis il demanda à un garde où était
le capitaine, l’homme le guida vers une petite pièce où
se tenait un homme occupé à étudier des documents.

-Capitaine, un mercenaire s’est présenté.


-Pas trop tôt, laissez nous soldat.

-Bien, capitaine.

Le garde se retira, fermant la porte de la pièce derrière
lui.

-Donc vous êtes un mercenaire ? Vous n’en avez pas
l’air…

-Je viens d’arriver en ville et je ne suis pas vraiment mercenaire, disons
que j’aspire à devenir aventurier.

-Intéressant, enfin c’est vos affaires, puis-je connaître
votre nom et d’où venez vous au juste ?

-Sylfaën Sae’drim, je viens de … d’Eauprofonde, mentit
il, préférant cacher ses origines.

-Sae’drim… ce nom ne m’est pas inconnu.

-Bon… et si nous parlions de cette mission.

Le capitaine regarda Sylfaën, le dévisagea, méfiant,
puis reprit :

-Bien, vous savez ce que vous voulez, c’est une qualité.
Donc l’affaire en question est un tueur. Il sévi dans la ville
depuis près d’un mois. Il a tué un grand nombre de voleurs
ainsi que de nobles, il ne fait apparemment aucunes distinctions.

-Pourquoi ne pas le trouver vous-même si ce n’est qu’un assassin
?

-Nous avons bien essayé, mais nous n’avons jamais rien qu’aperçut
le tueur, il faut quelqu’un qui agisse dans le secret.

-Et quelle est la récompense ?

-Notre reconnaissance… et 100 pièces d’or.

-C’est peu pour un tueur si doué, enfin j’accepte.

-Voici déjà 50 pièces, armez vous, et je vous préviens,
ne revenez pas nous voir avant d’avoir trouvé le tueur

-Merci bien seigneur, et à bientôt.

Sylfaën quitta alors la caserne et retourna à son
auberge, le lendemain, à la nuit tombée, il commencerait ses investigations.
Mais avant cela, il alla s’acheter du «matériel», c'est-à-dire
des nouveaux vêtements, tous noirs pour se fondre dans la nuit, des potions
de soin et un nouveau cimeterre, il s’était fait voler le sien
le surlendemain de son arrivée. Il se coucha donc ce soir là l’esprit
préoccupé par ce tueur, personne ne l’avait jamais vu…
qui cela pouvait il être ?

Le lendemain, il passa sa journée à la bibliothèque de
la ville à étudier l’histoire de la ville pour passer le
temps jusqu’au soir, car bien qu’étant un combattant, Sylfaën
aimait lire et avait à l’occasion quelques dons d’écrivain.


Le soir était enfin arrivé, Sylfaën quitta son auberge, vêtu
des vêtements achetés la veille, on ne le distinguait quasiment
pas dans l’obscurité ambiante. Le demi elfe déambula dans
les rue des la ville toute la nuit guettant le moindre mouvement, mais il ne
vit rien d’autre que les vagabonds et le calme de la nuit. Pendant une
semaine, il sortit chaque soir et chaque soir il ne vit rien, mais le huitième
jour…

Ce soir la, il était sorti à la nuit tombé
comme les jours précédents, mais cette nuit la, il eut la désagréable
impression d’être observé, mais il ne vit rien dans la nuit,
il chassa ses peur et reprit sa marche nocturne, jusqu’à ce qu’il
vois au fond d’une ruelle d’un vagabonds qui se battaient, il courra
vers eux pour tenter de les séparer, mais arrivé à leur
niveau, ils disparurent. Une illusion, un piège, il était coincé
dans une impasse. Il n’osait pas se retourner, et restait immobile, cherchant
une solution, mais il fut interrompu par un ire morbide suivi de bruits de pas
dans son dos. Il pivota sur lui même et découvrit une silhouette
sombre dont il e distinguait pas les traits. Elle était à environ
dix mètres de lui. Il avait le souffle coupé et ne put rien dire,
mais la silhouette, elle, lui parla :

-Alors mon petit, tu t’es perdu ? Ne sais tu pas qu’il
est dangereux de se promener la nuit tout seul ?

La silhouette le narguait, mais Sylfaën ne répondit
pas, alors elle reprit :

-Vous me cherchiez petit imprudent, je me trompe ? Maintenant
que je suis là, qu’allez vous faire ? Me tuer peut être,
ou alors me livrer à la milice ?

Il parti dans un rire satanique qui donna froid dans le dos
à Sylfaën. Mais le demi elfe réussi enfin à parler
:

-Vous ne me faites pas peur, mentit il, tout ce que je souhaite,
c’est débarrasser les royaumes des pourritures de votre espèce
!

-Tout de suite les grands mots… je ne fait que me nourrir après
tout…

-Vous… Vous nourrir ?

-Ah ! Oui c’est vrai, vous ne savez pas qui je suis, c’est bien
dommage, mais de toutes façons, ça ne vous sert à rien
de le savoir vus que vous allez mourir.

-Je ne me laisserai pas abattre si facilement ! cria le demi elfe.

-Je n’en doute pas.

Là, le tueur fonça à une vitesse fulgurante
sur Sylfaën et l’envoya voler contre le mur derrière lui,
il fut sonné par le choc et sa vue se troubla, il entendit la silhouette
prononcer des mots incompréhensibles, une incantation, songea le demi
elfe, puis il sentit son esprit somme aspiré, étiré dans
tous les sens en même temps, la douleur fut horrible à un tel point
qu’il hurla à la mort, son cri retenti dans tout le quartier, réveillant
les habitants et attirant les gardes. Quand ils arrivèrent, ils ne trouvèrent
qu’un corps étendu sur le sol : Sylfaën. Le tueur avait prit
la fuite en les entendant arriver.

Quand Sylfaën se réveilla, il se trouvait à
l’infirmerie de la caserne, qu’il avait aperçut à
sa précédente visite, le capitaine était debout devant
lui.

-Alors seigneur aventurier, avez vous bien dormi ?

-Je ne suis que fort peu en état d’apprécier l’ironie
capitaine.

-Fort bien, veuillez m’excuser, mais peut-être êtes vous en
é tat de me raconter ce qui s’est passé ?

-Depuis quand suis-je ici ?

-Trois jours, vous avez le sommeil solide, si je puis me permettre, railla le
soldat.

Là, Sylfaën raconta ce qu’il avait fait depuis
leur séparation et décrit sa rencontre avec le tueur, la terreur
qu’il lui avait infligé sans même le voir, la force avec
laquelle il l’avait projeté et la douleur que lui avait faite l’incantation.
Le capitaine fut perturbé par ces révélations, jusque là,
il imaginait que le tueur était très doué, mais il était
loin de supposer avoir affaire à un magicien, cela changeait tout, jamais
le demi elfe n’en viendrais seul à bout, s’il acceptait de
reprendre l’affaire. Il laissa donc le jeune aventurier se reposer toute
la journée et revint le voir en fin d’après-midi.

-Bonsoir maître Sae’drim, vous avez bien récupéré
?

-Ca va mieux oui, merci.

-Bien, maintenant, je voudrais savoir si vous désirez continuer ou arrêter
cette mission.

-Continuer, quelle question, je ne sais pas ce que m’a foutu ce tueur
dans la tête, mais un mal me ronge, et je dois le retrouver, c’est
une affaire personnelle à présent.

-Content de vous entendre dire ça, je n’en attendais pas moins
de vous, mais vous devez être conscient que vous aurez besoin d’aide,
cet ennemi est trop puissant pour que vous le vainquiez seul.

-Vous avez un compagnon à me proposer ?

-Malheureusement non, mais je pense qu’en écumant les taverne de
la ville, vous trouverez bien un mercenaire prêt à vous aider.


-Je vois, c’est bon j’accepte, cette fois, quand je reviendrais,
c’est avec le sang de ce tueur sur ma lame.

-Je l’espère… je l’espère.

Sylfaën quitta alors le capitaine et parti en direction
des bas quartiers de la ville, les aventuriers de passage s’y retrouvaient
souvent, il alla en direction de la taverne du dragon boiteux. La salle était
pleine à craquer, principalement des brigands et voleurs venus dépenser
ce qu’ils avaient volé en alcool, le demi elfe trouvait cela pathétique,
mais les hommes étaient encore assez bizarres dans l’esprit du
jeune aventurier. Il se dirigea vers le comptoir, et commanda une choppe d’hydromel,
ne rien commander aurait semblé suspect. Il observait la salle, cherchant
quelqu’un de susceptible de l’aider, mais il ne voyait personne
d’autre que des brigands. Il allait partir chercher ailleurs quand un
nain pénétra dans l’auberge, il était vêtu
d’une cotte de mailles, une hache pendait à son coté, et
il portait son heaume sous le bras, il avait tout d’un guerrier, restait
à savoir s’il était digne de confiance, il demanda alors
à l’aubergiste :

-Ho, tavernier !

-Que puis-je pour vous mon bon monsieur ?

-Le nain qui vient de rentrer, vous le connaissez ?

-Je l’ai déjà vu oui, c’est un voyageur, il vient
à la taverne se reposer à chacun de ses passages à Evereska.


-Un voyageur ?

-Un aventurier si vous préférez, il a mauvais caractère,
mais d’après ce qu’on m’a raconté sur lui, il
a bon cœur, si c’est ce que vous voulez savoir.

-Merci bien tavernier, voila pour vous.

Il lui déposa quelques pièces d’argent dans
la main puis il se dirigea vers la table où le nain était occupé
à vider une choppe de bière.

-Je peux m’asseoir ?

-Mouais, grogna le nain.

-Veuillez m’excuser de vous déranger, mais je suis à la
recherche d’un aventurier pour une mission dangereuse, d’après
ce qu’on ma dit sur vous, j’ai pensé que…

-Je pourrais faire l’affaire. Et qu’est ce qui vous dit que je veux
bien travailler avec un… elfe ?

-Demi elfe précisément. Et bien peut-être par soif d’aventure
?

-Et qu’ai-je à y gagner ?

-Une récompense sera donnée par la milice pour la tête de
l’homme que je traque.

-Combien ?

-Le prix était fixé à cent pièces d’or mais…


-Cent pièces d’or, il ricana, allez dégagez messire l’hybride.


-Mais le prix a augmenté en raison de la puissance du tueur, un mage.


-Un mage…

-Et tout ce que vous trouverez sur lui, vous pourrez le garder bien sur.

-Bon, vous avez de la chance, je suis inoccupé en ce moment, alors j’accepte
monsieur … ?

-Sae’drim, Sylfaën Sae’drim. Mais je pense que si nous venons
à travailler ensembles, Sylfaën suffira. Et vous êtes ?

-On ne vous l’a pas dit ?

-Je ne l’ai pas demandé.

-Appelez moi donc Galadorf.

-Bien Galadorf, reposez vous bien et rejoignez moi ce soir à minuit devant
cette taverne.

-A ce soir.

Sylfaën tira sa révérence et partit rapidement
à son auberge pour se changer, il abandonnait ses vêtement noirs
pour s’habiller comme à son habitude d’un pantalon marron
et d’une chemise orange, le tout surmonté d’une cape verte.
Puis il s’étendit sur son lit et s’endormi. Durant son sommeil,
il revit le tueur, il le voyait s’acharner sur lui à coup de sort,
la douleur semblait réelle, puis il reconnu l’incantation qu’il
avait entendu trois jours auparavant et la douleur fut aussi horrible, et il
se réveilla en sueur, il était temps de rejoindre Galadorf. Il
tentait d’oublier ses cauchemars.

Quand il arriva devant la taverne du dragon boiteux, Galadorf l’attendait
adossé contre un mur, tapi dans l’ombre, mais Sylfaën le vit
facilement, grâce à l’infravision qu’il tenait de son
sang elfe.

-Tu es en retard Sylfaën, j’ai cru que tu avais fui
en pensant à ton tueur.

-Désolé, je m’étais assoupi.

-Mouais… Bon, où allons nous ?

-Je ne sais pas, tout ce que je sais, c’est que le tueur nous vois et
nous entend en ce moment, il n’y a qu’à attendre qu’il
daigne se montrer, à moins qu’il ai peur.

Tout à coup, une voix ténébreuse surgit
dans la tête de Sylfaën :

-Tu me provoques petit imprudent ? C’est courageux, ou
plutôt lâche, mais tu n’es pas comme les autres, tu mérites
de m’affronter. Sors de la ville et prend la direction d’Eauprofonde,
à cinq lieues d’Evereska, tu trouveras une tour en ruine, c’est
là que je serais.

La voix s’éteignit, et Sylfaën réfléchit.
Là bas, il n’aurait personne d’autre que le nain pour l’aider,
les gardes ne pourraient pas venir, et il ne pourrait pas emmener de l’aide
car il était constamment surveillé par le tueur. Mais il n’avait
pas le choix, il devait y aller.

-Galadorf, nous allons faire un petit bout de chemin, es tu
prêt ?

-Oui mais où allons nous ?

Sylfaën expliqua le message télépathique
qu’il avait reçu au nain, qui n’était pas aussi sur
de lui que le demi elfe.

-Sylfaën, tues bien sûr de toi ? Je flaire le piège
d’ici.

-Je me doute que c’est un piège, mais c’est une affaire personnelle,
je veux en finir, mais si tu as peur, tu peux rester là.

-Un nain n’a jamais peur, ne l’oublie pas, j’ai l’impression
que tu as bien hérité de la vanité des elfes Sylfaën.
Ma hache combattra au coté de ton cimeterre.

-Heureux de te l’entendre dire, allons y, nous devons être là
bas rapidement.

-Demain matin, nous reviendrons avec la tête d’un mage comme bagage.


Les deux compagnons quittèrent alors la ville, les gardes
des portes ne leur posèrent pas de problèmes, reconnaissant Sylfaën,
et deux heures plus tard, ils arrivèrent au pied de la tour.

-Nous y voila, Sylfaën, à toi l’honneur.

Le demi elfe poussa la porte en bois de la tour et pénétra
à l’intérieur, regardant bien où il posait les pieds.
Il s’avança peu à peu, adaptant sa vue à l’obscurité
ambiante et découvrit une salle vide, dénuée de meuble,
même l’escalier qui devait monter au sommet avait disparu, sûrement
dans un incendie. Galadorf le suivait de près. Quand ils furent assurés
qu’il n’y avait pas de pièges, ils fouillèrent la
pièce, mais ne trouvèrent rien.

-Et bien, j’ai comme l’impression que ton ami le
tueur s’est trompé d’adresse, il n’y a personne ici.


-Je ne suis pas d’humeur à rire.

-Excusez moi seigneur, mais est ce ma faute si nous sommes venus dans une tour
vide alors que nous cherchons un tueur ? Nous n’avons plus qu’à
rentrer.

Sylfaën fixait le sol, plongé dans ses pensées
quand il distingua quelque chose. Des fissures formaient un carré dans
le sol.

-Rien tu disais ? Je ne suis pas d’accord, regarde moi
ceci.

-Je ne vois rien…

-Tu est vraiment borné mon cher Galadorf, la, il y a une trappe, sors
ta hache et sert t’en pour faire levier.

Le nain obéit, et une poignée de secondes plus
tard, la trappe était ouverte, donnait sur un escalier sombre, le noir
é tait absolu, pas une lumière ne perçait à l’intérieur.


-tu vois bien que nous ne sommes pas venus pour rien, et en
plus, vous les nains appréciez les profondeurs non ?

-Mouais, allons y.

Le nain alluma une torche qu’il sorti de son sac et s’engagea
en premier dans l’escalier, talonné par Sylfaën. Ils traversèrent
une série de couloirs formant un labyrinthe, jusqu’à ce
qu’il débouche dans une grande pièce, des gargouilles étaient
accrochés aux murs e un hôtel était déposé
aux centre de la salle. En avançant, ils découvrirent le symbole
de Bhaal, le dieu déchu du meurtre, sculpté dans la pierre au
dessus de la porte à l’autre bout de la pièce, qui faisait
face à l’hôtel.

-Sylfaën, tu vois ça ?

-Oui, je vois… Nous devons être dans un ancien lieu de culte du
dieu du meurtre.

-Et que fait donc le tueur ici ?

-Je crois que je commence à comprendre…

-Expliques toi !

-Plus tard, n’entend tu pas ces cris ?

Des grognements arrivaient de la porte située en dessous
du symbole du dieu.

-Des orcs…, et des gobelins.

-Bien vu, et ils sont nombreux, sort ta hache, il est temps de prouver ta valeur
au combat.

-J’ai déjà fait mes preuves de nombreuse fois, mais je suis
curieux de te voir à l’œuvre.

Ils furent interrompus par un groupe d’environs cinquante
orcs et gobelins réunis. Le combat s’engagea, Sylfaën décochait
flèche sur flèche et les monstres tombaient les uns après
les autres, mais ils étaient remplacés aussitôt par leurs
confrères qui arrivaient. Galadorf, lui fendait du gobelin à coups
de hache, les membres de ses victimes volaient dans la salle. Il ne restait
plus qu’une dizaine d’ennemis quand Galadorf fut touché par
une flèche d’un orc, il continua à se battre, mais sa vue
se troubla, puis il tomba, inanimé sur le sol. Les orcs se jetèrent
sur lui, pour l’achever, mais Sylfaën, qui avait dégainé
son cimeterre, les tua un par un jusqu’au dernier, leurs têtes jonchaient
le sol… séparées de leur corps.

Les orcs et les gobelins morts, Sylfaën accourra au secours de son compagnon,
qui restait toujours inanimé. Il examina la plaie, l’arme était
empoisonnée, c’était courant chez les orcs, il l’avait
apprit au cours de son entraînement avec Karan Lamavel. Il sorti une potion
de la sacoche qu’il portait à sa taille et en versa le contenue
sur la plaie, cela devais retarder la fatalité, il ne pouvais pas faire
plus et il ne pouvais pas le ramener à Evereska alors qu’il était
si près du but. Il décida donc de laisser son ami ici et de partir
à la recherche du mage. Il s’engagea donc, avec une once de remord
dans le couloir d’où étaient arrivés les monstres.
Il déboucha rapidement sur une autre pièce, plus petite, qui était
elle, éclairée, et qui était garnie de bibliothèques
contenants des manuscrits qui donnèrent à Sylfaën d’être
extrêmement vieux, il dataient sûrement du temps où le culte
de Bhaal était encore en place. Au centre de ces pièces était
installé un bureau, devant lequel était installé un vieil
homme, occupé à étudier un grimoire. Il ne leva pas la
tête, mais parla :

-Sylfaën Sae’drim… j’ai cru que vous
ne viendriez pas.

-Ne mentez pas, vous saviez à tout moment ce que je faisais.

-C’est vrai, tu as donc découvert quel était le sort que
je t’ai lancé lors de notre dernière rencontre.

-Vous êtes entrés dans mon esprit.

-A vrai dire, j’aurais du aspirer ton âme, mais j’ai été
interrompu, c’est pou finir le travail que je t’ai fait venir.

-Vous n’êtes qu’un vieux fou.

Le vieil homme se leva, il était de noir vêtu,
le symbole de Bhaal ornait sa robe. Une courte barbe grise masquait le bas de
son visage. Des cheveux blancs couraient le long de ses épaules et ses
yeux étaient blancs, il n’avait pas de pupille.

-Insolent ! Comment oses tu me parler ainsi alors que tu vas
mourir !

-N’inversez pas les rôles, c’est vous qui allez perdre la
vie vieil homme.

-C’en est assez !

Dans un rire de dément, le vieux sorcier brandit une
é pée cachée derrière le bureau et se jeta sur le
demi elfe, qui l’évita du justesse en faisant une roulade sur le
coté, il dégaina son cimeterre et passa à son tour à
l’attaque. Le sorcier contra son attaque et le fit voler comme la dernière
fois, Sylfaën fut propulsé contre le mur, le vieil homme commençait
à incanter, la douleur commençait à revenir, mais il sortit
une dague de sa botte et la lança sur son ennemi, elle se figea dans
son bras. Le sorcier hurla de douleur.

-Tant pis pour ton âme, je vais t’étriper.


Le sorcier lança un sort de métamorphose et Sylfaën
vit sa silhouette se déformer. Il ferma ses yeux et quand il les rouvrit,
il avait un ogre devant lui. Il sentit la mort venir et vit la lame de l’ogre
foncer sur lui puis se bloquer, puis tomber a terre, suivie de l’ogre
lui-même. Il avait une hache plantée dans le cou, l’ogre
reprit la forme du sorcier. Le demi elfe vit son compagnon Galadorf s’avancer,
récupérer son arme, trancher la tête du sorcier, la ramasser,
la fourrer dans un sac, pour enfin le tendre à Sylfaën, qui le prit.


-Je t’avais dit que nous reviendrions avec la tête
du mage dans nos bagages, j’avais raison, j’ai toujours raison.


Il sourit, puis s’effondra. Sylfaën examiné
son compagnon, il était en sueur et avait de la fièvre, il restait
peu de temps pour le sauver. Il le prit sur son épaule, après
avoir récupéré ses armes. Puis il prit deux torches, et
en lança une dans une étagère, le feu prit vite, atteignant
toutes les autres étagères. Il n’avait prit qu’un
livre, celui que lisait le sorcier. Il parti en courant, et sorti de la tour,
par chance, une caravane passait par la à ce moment et les emmena lui
et le nain à Evereska, là, il gagna le temple de heaume, le plus
près des portes de la ville pour y faire soigner son ami. Pendant que
les prêtres tentaient de neutraliser le poison, il étudiait le
livre du sorcier et rapidement, il comprit la raison des meurtres. Il ferma
le livre et le rangea dans sa sacoche, à coté de la tête
du sorcier. Il quitta rapidement le temple et gagna la caserne et se fit mener
au capitaine.

-Sylfaën ! Content de vous revoir ! Si vous êtes
là, c’est que vous avez réussi ?

-C’est exact, en voici la preuve.

Il tendit le sac contenant la tête du sorcier au capitaine,
qui euh la nausée à cette vue.

-Désolé de vous l’emmener comme cela, mais
l’autre partie était trop lourde, j’avais déjà
mon compagnon à porter.

-Et avez-vous découvert la raison des meurtres ?

-Oui, cet homme était un adepte de Bhaal le dieu du meurtre, il avait
é té secoué par la disparition du dieu, et s’était
réfugié seul dans l’ancien lieu de cérémonie
du culte situé sur la tour située sur la route d’Eauprofonde,
vous devriez aller jeter un œil, je n’ai malheureusement pas tout
visiter.

-…

-Donc après plusieurs années de folie, il a fini par croire qu’il
é tait la réincarnation du dieu, et que plus il tuerait d’hommes,
plus il retrouverait son état divin.

-Et comment avez-vous découvert cela ?

-C’est expliqué dans ce livre, le carnet de bord du sorcier j’ai
l’impression.

Il tendit le grimoire au capitaine.

-bien, vous avez brillamment accompli la mission donc voici
votre récompense, mille pièces d’or.

Il tendit un coffre à Sylfaën.

-Merci.

-Que comptez vous faire maintenant ?

-Quitter la ville et oublier cette affaire.

-Ca peut se comprendre. Et votre compagnon ?

-Il a été empoisonné mais les prêtres de heaume disent
qu’il va s’en sortir.

-Bien, adieu alors.

-Adieu.

Sylfaën quitta la caserne, le coffre sous le bras et regagna
le temple où il fut accueilli par un prêtre.

-Comment va-t-il ?

-Il est guéri, mais il devra se reposer quelques jours.

-Bien, vous m’en voyez comblé. Pourrez vous lui donner ceci pour
moi ?

Il posa le coffre à terre, l’ouvrit et prit une
cinquantaine de pièces.

-C’est la récompense qu’il mérite,
vous m’excuserez auprès de lui de devoir partir, mais je ne tient
pas à rester inactif, surtout ici.

-Je lui transmettrais votre message et votre cadeau, comptez sur moi.

-Merci, au revoir, et béni soi heaume.

-Que heaume vous bénisse, l’aventurier. Adieu.

Sylfaën quitta alors le temple, puis la ville et parti en direction de
l’inconnu, où irait il ? Eauprofonde, Thétyr, Cormyr ? Qu’en
savait t’il ? Tout ce qu’il savait, c’est qu’il était
un aventurier et que les voyages ne faisaient que commencer, mais jamais il
n’oubliera ce sorcier.

... Suite ...

 

  
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