Un Artefact Millénaire

Pendant les deux ans qui suivirent le départ du demi elfe d'Evereska,
il erra dans la région d'Eauprofonde, se joignant aux caravanes de marchands,
leur louant ses services de guerrier afin de gagner sa vie, mais il fut vite
lassé de cette vie monotone, mais il ne savais que faire, ni ou aller.
Lors d'un voyage à Sylverymoon, il prit sur lui de visiter la ville,
il trouverais bien quelque aventurier dans la cité. C'est ainsi qu'un
soir , alors qu'il buvais tranquillement son verre d'Elverquisst, une boisson
alcoolisée elfique, dans une taverne de la ville, sa vie prit un nouveau
tournant.

La soirée était bien avancée et la nuit
commençait à déposer son manteau de noirceur sur la ville
quand Sylfaën entra dans l’auberge de la rose noire, un de ces lieux
où les elfes se plaisent à se retrouver entre eux. Ce soir là,
la salle était vide, il n’y avait pas bien plus de cinq clients,
tous des elfes bien sûr remarqua Sylfaën. Il se dirigea vers le comptoir
et commanda à boire. La patronne se retourna, c’était une
elfe dorée, ses longs cheveux blonds étaient regroupé en
un chignon, les deux yeux bleus immaculés au milieu du visage divin ne
laissèrent pas, loin de là, le demi elfe indifférent. Elle
é tait vêtu d’une tunique jaune soleil contrastant avec le
bleu marin de ses yeux.

- Qu’est ce que je vous sert ? demanda t’elle, d’une
voix douce et langoureuse.

- Je…euh … un elverquisst s’il vous plait.

- Voici mon bon seigneur, dit elle, lui tendant son verre. Ce seras deux pièces
d’or.

- Tenez. Il poussa les deux pièces sur le comptoir vers la sublime apparition
qui se tenait devant lui : La patronne.

L’elfe le laissa et retourna servir les autres clients
pendant que lui, restait immobile, fixant le vide où se trouvais précédemment
la patronne ? Peu à peu, il finit par reprendre ses esprit et se mit
à siroter son verre. Il examinait la salle du regard, recherchant un
é ventuel client apte à tenir une discussion avec lui. Rien, les
clients de ce soir n’étaient que des marchands ou des soldats.

La soirée passa, monotone, quand finalement, quelqu’un rentra dans
l’auberge, Un elfe de lune, « un lointain cousin peut être
» se dit le demi elfe, esquissant un sourire. L’arrivant était
tout de gris vêtu, les yeux verts et le regard plein d’intelligence.
Il semblait, comme ses congénères, très jeune, mais en
l’examinant, Sylfaën sentit en lui une sagesse que seul l’expérience
pouvais apporter. Il ne portait pas d’arme, un marchand encore ? Non,
les marchands étaient souvent malins mais cet homme devait être
un érudit. Un mage peut être ? Quoi qu’il en soit, il était
la, trempée par la pluie qui tomait dehors. Il se dirigea vers le comptoir
et s’installa au coté de Sylfaën, le salua d’un signe
de tête, puis s’adressa à la patronne.

- Bonsoir Aurore, ma chambre habituelle est libre ?

Aurore, la belle elfe s’appelais aurore, Syfaën grava
instantanément ce prénom dans son esprit.

- Oui, comme la plupart d’ailleurs, le commerce n’est
pas florissant en ce moment, je l’avoue, à cause des festivals
d’Eauprofonde.

- Je compatis, enfin, ce sont les aléas de la vie, répondit t’il,
avant de faire un clin d’œil à la patronne.

- Je n’en doute pas.

Aurore s’éloigna, laissant Sylfaën et l’elfe
seuls. Il ne se passa pas beaucoup de temps avant que l’elfe engage la
conversation.

- Veuillez m’excusez, mais je n’aime guère
restez silencieux, si, ce n’est pas indiscret, quel est votre métier
? Vous ne ressemblez pas à ces commerçants.

- Je voyage ici et la, quand l’envie m’en prend.

- Aventurier hein ? Vous me semblez bien jeune…

- J’ai vu passer mon dix neuvième hiver.

- Corrigez moi si je me trompe, mais, vous êtes un hybride ?

- Vous avez l’œil, effectivement, mon père était humain.
Mais vous qui me questionnez, je ne sais même pas votre nom.

- Navré, pardonnez moi mon impolitesse, dit il, vraisemblablement gêné,
Je me nomme Daespar Shavyn.

- Enchanté.

- Je vous dérange ? Peut être n’avez vous pas envie de parler
?

- Il n’y a pas de problèmes, que faites vous de votre vie ?

- Je suis historien, et magicien à mes heures, en ce moment, j’écrit
un manuscrit sur l’histoire de la région.

La, le mage se lança dans un long discours décrivant
l’avancement de son livre, racontant « plus ou moins » rapidement
l’histoire de la ville. Voyant que son interlocuteur semblait fatigué,
il en conclut qu’il n’était pas au meilleur de sa forme pour
é couter tel récit. Quand il eut terminé, le demi elfe prit
la parole.

- Très intéressant… bien qu’un peu
long pour être narré oralement, mais j’apprécierais
de lire cet ouvrage.

- Vous aimez lire ? On vois rarement cela chez un guerrier.

- J’ai reçu une éducation littéraire à Eternelle
rencontre, par ma mère.

- Vous avez vécu à Eternelle Rencontre ?! demanda le mage, avec
une pointe de dégoût. La reine a laissé un hybride vivre
sur l’île ?

- Ma mère a caché la nature de mon père à tout le
monde, et je ne sortait que très peu, je n’en comprit que bien
plus tard.

- Je vois… Bon, ce n’est pas important. Mais dites moi, si vous
avez été bien instruit, seriez vous intéressé de
devenir mon apprenti ? je travaille pour Château Suif. Ce pourrais être
bon pour vos futures affaires d’avoir des contacts là bas.

- Je ne sais pas, ça pourrais s’envisager, je suis un peu à
cour de travail en ce moment…

- Prenez la nuit pour réfléchir, nous en reparlerons demain matin.

- Bonne idée, je suis fatigué d’ailleurs, a demain.

Sur ce, le demi elfe appela la belle elfe et lui demanda une
chambre. Il prit sa clé et monta se coucher. La nuit passa tranquillement,
le demi elfe songeait à la proposition du mage, ce pourrait être
très intéressant. Château Suif, la plus grande bibliothèque
de tous les Royaumes, il n’avait jamais espéré y entrer,
et la, il pouvais devenir l’apprenti d’un de ses scribes. Non seulement
ç a lui apporterais des contacts, mais sa richesse intellectuelle personnelle
en serait fortement accrue, il ne voyais aucunes raisons de refuser l’offre
de l’elfe. Sur cet décision, il s’endormit. Ses rêves
cette nuit la étaient hantés par la belle patronne de l’auberge,
il se voyais avec elle dans la foret, l’embrassants. Se rendait il compte
qu’il tombait amoureux ?

Lorsqu’il se réveilla, le lendemain, le soleil
é tait haut dans le ciel, l’heure de midi approchait. Il s’habilla
en vitesse, fourra ses affaires dans son sac de voyage et descendit en vitesse,
de peur que le mage soit parti. Par bonheur, il était toujours là,
le demi elfe soupira de soulagement. L’entendant arriver, le mage, qui
é tait attablé avec Aurore se retourna et le salua.

- Bien le bonjour, avez vous bien dormi ? Quoi que le question
ne se pose pas, vus l’heure qu’il est, le lit vous a plu.

Il se mit à rire, suivit de la patronne, puis de Sylfaën
lui même.

- Venez donc vous joindre à nous, continua t’il.

- Avec plaisir.

Il se dirigea vers eux et s’assit en bout de table, Aurore
lui proposa du thé, ce qu’il accepta avec grand plaisir, d’ailleurs,
que lui aurait il refusé ? Puis, cette fois ci, ce fut elle qui parla.

- Daespar m’a dit que vous seriez intéressé
de devenir son apprenti ? Vus le temps qu’il passe ici, nous aurions l’occasion
de… faire connaissance monsieur … ?

Qu’entendait elle par là, ressentait elle les même
sentiments ? Non, impossible, elle devais voir passer des voyageurs toute l’année,
sûrement voulait elle juste goûter aux plaisir des la chair en compagnie
du demi elfe. Mais Sylfaën réalisa qu’il n’avait même
pas encore donné son nom, il rougit de honte.

- Sae’drim, Sylfaën Sae’drim, à votre
service belle dame.

- Et moi je suis Aurore Iasha, au service de mes clients, dit elle avec un sourire
des plus charmants.

- Pardonnez mon impertinence mes amis, les interrompit il, mais nous avons à
parler. Maître Sae’drim, qu’avez vous décidé
?

- Apres mure réflexion, et mon inactivité du moment, je pense
que je vais devenir votre apprenti, j’aimerais d’ailleurs beaucoup
visiter Château Suif, si possible.

- Il y a de grandes chance que vous visitiez la bibliothèque, mais avant
cela, nous avons des renseignements à rassembler, je vous ai dit que
je travaillais sur l’histoire de la région, et plus précisément
sur l’histoire d’un artefact, je vous expliquerais en détails
quand nous serons seuls.

La voix du mage s’était baissée d’elle
même, il craignait qu’on l’entende.

- Je vous écouterais avec plaisir, mais quand et par
où commencerons nous ?

- Moi, je dois faire des recherches à la bibliothèque, pour vous,
j’ai un travail différent, mais avant cela, vous devez savoir l’histoire
de l’objet que je recherche.

Le mage se leva, entraînant derrière lui le demi
elfe, il aillèrent dans l’arrière boutique, La patronne,
qui les talonnait, resta à son comptoir, surveillant ses clients.

- Bien, ici, nous pouvons parler. L’objet dont je vous
ai parlé est une armure, son origine se perd dans la nuit des temps,
sûrement crée par un dieu pour en combattre un autre. Le fait est
que plusieurs fois dans l’histoire, cette armure a trouvé des porteurs.
Elle confère à ceux ci le pouvoir de se métamorphoser en
n’importe quel être vivant… ou moins vivant qui existe. L’armure
pourrait être utiliser pour faire le bien, mais de tous ses propriétaires
connus, tous l’ont utilisée pour assouvir leurs soif de puissance.
L’existence de cet artefact a été tenue secrète pour
é viter qu’on la retrouve, et elle fut oublié depuis le temps
des troubles. Mais en feuilletant des grimoires à château suif,
j’ai un jour apprit l’existence de cet armure, et j’ai fait
des recherches. Finalement, j’ai découvert que son dernier possesseur
é tait un tyran de la région, qui l’avait utilisée
pour s’autoproclamer roi. Il fut tué dans son sommeil par un groupe
d’hommes dont l’identité est inconnue, il prirent l’armure
et la cachèrent, et détruirent les preuves de son existence.

- Si je comprend bien, vous recherchez une arme divine… Mais dites moi,
si elle est si bien cachée et que vous oeuvrez pour le bien des royaumes,
pourquoi ne pas la laisser dans sa cachette.

- Votre méfiance est compréhensible, mais je ne cherche pas à
me procurer cette arme, mais à retracer l’histoire d’un tel
artefact pour enrichir Château Suif et avoir droit au respect que je recherche.

- N’était ce pas par soif de respect que ses précédents
possesseurs utilisaient l’armure ?

- … Croyez moi, je ne cherche pas à la porter. Juste l’étudier
de près.

- Je vous crois… J’espère que je fait le bon choix.

Un silence morbide se posa sur la pièce et perdura pendant
plusieurs minutes, jusqu'à ce qu’il fut coupé par Aurore,
qui leur apportait une bouteille d’elverquisst.

- Et ma mission consiste en .. ? demanda Sylfaën.

- Vous devrez aller rendre visite à un ermitage situé dans une
petite foret au sud de la ville. D’après mes sources, il y a de
fortes chances que vous trouviez des renseignements sur l’objet que nous
recherchons.

- Bien, je partirais après le repas de midi.

Il se leva et retourna dans la salle commune, s’asseyant
au comptoir, devant la tenancière, qui le fixa de son regard azur. Pendant
de longues minutes, il resta ainsi, sans faire le moindre mouvement, à
contempler l’elfe pendant qu’elle servait ses clients, il ne fut
interrompu qu’au bout d’une heure par une dispute derrière
lui. Deux soûlards se disputant un verre de bière. Le demi elfe
se leva, puis sortit de la taverne, il avait complètement oublié
de se nourrir dans sa transe. Mais il était temps de partir, il mangerait
plus tard, bien que son estomac se nouait de plus en plus. Il quitta la ville
une heure plus tard, laissant à regret derrière lui l’elfe
qui hantait ses rêves.

Toute la journée il marcha dans les landes et les collines des alentours
de Sylverymoon. Le crépuscule marquait l’arrivée proche
de la nuit quand il atteint le bois dont lui avait parlé Daespar Shavyn.
C’était effectivement un petit bois, d’à peine un
kilomètre de largeur, le demi elfe y pénétra, et suivit
un court sentier qui le mena à une battisse en pierre, qui ressemblait
vaguement à un temple. A l’extérieur, i n’y avait
pas âme qui vive, mais du feu sortait de la cheminée. Sylfaën
s’avança et appela :

- Il y a quelqu’un ? Je suis un voyageur, je recherche
des informations, on m’a dit que je pourrait avoir des réponses
ici.

Pas de réponses… Il avança vers la porte
et tenta de l’ouvrir, puis fut arrêté par une lame dans son
dos.

- Quelle genre de réponses cherche tu étranger
?

- Enchanté, moi aussi.

- Répond à ma question…, il marmonna des paroles non compréhensibles
pour le demi elfe puis ajouta, N’essaie pas de mentir, ou il t’en
coûteras.

- … Je suis à la recherche d’un artefact… une armure.

- Il n’y a pas d’armure ici, nous ne sommes pas des guerriers.

- C’est étrange, vous êtes le premier homme à ma connaissance
qui possède une épée pour ne pas se battre.

- Etranger, tu n’est pas en mesure de jouer au plus malin.

- Je n’en suis pas si sûr…

A une vitesse fulgurante, Sylfaën fit volte face et dégaina
on cimeterre, avant de décocher un coup de pied dans l’estomac
de son adversaire, qui alla rouler dans la poussière deux mètres
plus loin. Il s’approcha, et fit voler à loin d’eux l’épée
de l’homme avec son pied.

L’homme qui se relevait se révélait être un vieillard,
une longue barbe blanche descendais jusqu'à sa taille. Il portait une
tunique grise et marchait pieds nus.

- Pardonnez moi vieil homme, mais vous ne vous êtes pas
présenté. Pour ma part, moi nom n’est point secret, je m’appelle
Sylfaën Sae’drim.

- Je n’ai rien à vous dire, prenez ce que vous voulez et partez
!

- Tout en tendant sa main au vieillard, le demi elfe continua : Je suis navré
que vous pensiez que je suis un voleur, je suis au service d’un érudit
de Château Suif, je recherche, comme je vous l’ai dit, des informations
sur une armure ancestrale, et que je pourrait recevoir ici des renseignements.

- … Qu’est ce qui me prouve que vous dites vrai ?

- Le sort de vérité que vous avez lancé sur moi tout à
l’heure peut être ?

- Bon, d’accord… je vous crois, suivez moi.

Les deux hommes rentrèrent dans la maison, l’intérieur
ne contenait pour mobilier qu’une table, des chaises et des paillasses
posées à même le sol. Une dizaine d’hommes étaient
assis auprès de la cheminée. Le vieil homme conduit Sylfaën
jusqu'à un mur, qui semblait normal, mais qui lorsque l’homme posa
sa main sur une pierre, disparut comme s’il n’avait jamais existé.
Le nouveau passage donnait sur une salle très bien éclairée
et contenant d’innombrables étagères où s’entassaient
des livres.

Le semi elfe suivit le vieillard à travers les rayons,
puis le vit s’arrêter près d’un bureau, derrière
lequel il s’assit. Il fit signe à Sylfaën de prendre place
sur le fauteuil en face de lui, puis lui parla :

- Donc tu es à la recherche d’une armure magique
?

- Un puissant artefact oui, dit il, tout en s’asseyant.

- Et qu’est ce qui te dit que c’est ici que tu trouveras des réponses
?

- Et bien… je ne suis venu jusqu’ici uniquement parce qu’on
me l’a demandé, je n’était sur de rien. Mais à
présent, en voyant votre « petite » collection de livres,
je me dis que je ne me suis pas complètement trompé.

- Effectivement…

- Mais je voudrais savoir… qui êtes vous donc ? Et pourquoi vous
cacher ainsi en pleine forêt.

- Pour garder un secret, la meilleure façon, c’est de se garder
secret soi même. Entouré de gens, le risque est trop grand.

- Je ne sais toujours pas qui vous êtes.

- Je pense que tu t’en doutes.

- C’est vrai. Mais j’aimerais vous l’entendre dire.

- Fort bien. Moi et mes compagnons sommes les descendants de ceux qui ont détrônés
le tyran à l’armure noire.

Le demi elfe marqua une pause avant de répondre, réfléchissant
à quel point cette découverte était importante. Daespar
en serait fort heureux.

- Pourquoi avoir finalement choisi de vous livrer à moi
?

- J’ai sondé ton esprit, ton âme est pure. Tant que ceci
durera, tu seras le bienvenu ici.

- Cela signifie t’il que je vais pouvoir examiner vos ouvrages ?

- Ils ne t’apporteront pas une grande aide, mais tu le peux, oui. Fais
bon usage de ces connaissance, jeune voyageur. Pour ma part, je te laisse, j’ai
à faire.

Sylfaën regarda le vieillard s’éloigner, puis
se mit à chercher des manuscrits dans les étagères autour
de lui, examinant chaque livre ou il était mention de l’histoire
de la région avant la création des marches d’Argent ou d’une
quelconque armure magique. Il chercha pendant des heures, assis devant une table
où les grimoires s’entassaient.

Au bout d’un peu plus de trois heures et quelques grimoires de lecture,
il trouva enfin quelque chose d’intéressant. D’après
des récits de voyageurs de l’époque, peu après la
mort du tyran, on aurait vu partir un groupe de moines en direction du nord-est…
la où se trouvais aujourd’hui l’Anauroch.

C’est à cet instant que le demi elfe entendit des cris venir de
l’extérieur. Il s’empressa de courir voir ce qui se passait.
Là, la scène qui se dévoila sous ses yeux le marqua pour
longtemps. Des cavaliers en armure noire fonçaient sur l’ermitage,
massacrant ce qui se trouvait à leur merci.

... Suite ...

 

  
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